Transport en commun: ça ne roule plus pour les employés de RHT

14 mars 2020

transport en commun, RHT, sécurité d’emploi, métro express

De plus en plus d’autobus de RHT opèrent sans receveur.

L’inquiétude gagne les employés de Rose-Hill Transport (RHT). Avec l’arrivée du métro express et la modernisation du système de transport, ils craignent pour leur sécurité d’emploi. Le directeur exécutif de la compagnie, Sidharth Sharma, se veut toutefois rassurant et explique que RHT se réinvente. 

La compagnie compte plus de 120 chauffeurs et 85 receveurs. Et c’est d’un mauvais oeil qu’ils assistent aux nombreux changements qui s’opèrent au sein de la compagnie. Parmi ceux-ci, l’introduction du système de «one-man operator» (NdlR, opérer le bus sans receveur) et de la carte prépayée (cashless card), sans compter la réduction des heures supplémentaires.

Au dire de Pravin Dinraz, représentant de l’Union of Bus Industries Workers (UBIW), l’avenir des receveurs est en suspens. De plus en plus d’autobus, fait-il remarquer, fonctionnent sans receveur. Or, insiste le syndicaliste, «il est impératif qu’un receveur soit aux côtés du chauffeur dans les transports en commun. Cela s’applique pour les autobus qui comprennent 30 à 64 sièges». Il fulmine : «Actuellement sur nos routes, RHT semble faire la sourde oreille et ne fait qu’introduire des bus avec le système de one-man operator 

«Eski patron pou reinvant zot konpani
lor ledo travayer ? »

Le représentant de l’UBIW rappelle que lorsque Nando Bodha était le ministre du Transport en commun, «il avait rassuré les employés quant à leur sécurité d’emploi, mais la peur est toujours présente». Tandis que son successeur, Alan Ganoo, «a dit que les compagnies devraient se réinventer. La question est : eski patron pou reinvant zot konpani lor ledo travayer ? »

Pravin Dinraz en remet une couche. Outre l’élimination progressive des receveurs d’autobus, il évoque d’autres problèmes. Il explique que les chauffeurs et receveurs sont appelés à remplacer des chefs de gare en cas d’absence. Un constat qu’il fait depuis plus d’un mois. Sans compter que les chauffeurs à temps partiel, dont des retraités, remplacent les titulaires au-delà des heures de travail. «Cela représente un manque à gagner pour les chauffeurs permanents. Avec les heures sup, ils pouvaient arrondir leur fin de mois. Ce n’est plus le cas désormais», dénonce-t-il.

Sollicité, Sidharth Sharma, Group Chief Executive Officer et directeur exécutif de la RHT Holding Ltd, explique ces changements. «Avec le projet du métro, RHT est appelée à se réinventer avec les feeder service», indique-t-il. Sauf que l’expérience n’a pas été concluante jusqu’ici. «On discute avec les autorités pour revoir cette formule de feeder service, mais en contrepartie la compagnie travaille sur d’autres modes complémentaires notamment des infrastructures, Ebène Car Park, Victoria Bus Terminal entre autres.» Quant au système de one-man operator, «aucune loi ne dit que c’est interdit. Il y a trop de polémique sur ce sujet».

«Nous faisons des d’efforts»

Par ailleurs, poursuit Sidharth Sharma, RHT est confrontée à un taux d’absentéisme de 20 % au quotidien. «C’est vraiment difficile pour nous de devoir répondre aux attentes des passagers, surtout si certains autobus restent au garage faute de main-d’œuvre», fait-il ressortir. «Il nous faut des gens qui sont polyvalents pour pouvoir pallier ce manque», précise le Group CEO.

En ce qui concerne la Cashless card ou carte prépayée, Sidharth Sharma rassure qu’il n’y aura pas de perte d’emploi. «Il ne faut pas dire que la cashless card va supprimer les emplois. La première carte de ce type, la carte Etoile avait été introduite en 2011.» En 2017, celle-ci a été baptisée Filao. Et avec l’avènement du Metro Express et le lancement des MECards, «on est en train de voir comment on peut intégrer ce système. L’on a décidé que la carte Filao devrait faire partie du système national de transport. Nous sommes actuellement en discussions avec les autres opérateurs pour l’introduction d’une carte unique qui pourrait être utilisée sur toutes les plateformes».

Ces changements interviennent après que RHT Ltd a essuyé des pertes de 30 % de ses revenus, révèle le directeur exécutif de la RHT Holding Ltd. «Nous faisons des d’efforts. On a beaucoup de projets stratégiques qui peuvent nous donner d’autres perspectives mais c’est clair que pour pallier le déficit, on a besoin d’un coup de main de l’Etat pour s’en sortir.»

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