Special Response Group: ces femmes au front

8 mars 2020

Journée internationale des femmes, Special Response Group, Special Support Unit

C’est notamment grâce à leur condition physique que Wenda Caroopen Plassan et Emilie Desveaux ont pu intégrer le Special Response Group de la SSU.

Belles, intelligentes et indépendantes, elles dégagent une énergie phénoménale. Vêtues de l’uniforme bleu, le chignon enroulé, béret vissé sur la tête et chaussures de combat aux pieds, elles marchent au pas cadencé avec fierté. Elles sont une vingtaine de policières au Special Response Group (SRG). Cette unité anti-émeute de la police composée de femmes est attachée à la Special Support Unit.

Pourvues d’un esprit de combattante, elles font preuve d’un courage et d’une bravoure exceptionnels. Ces femmes sont en première ligne lors d’interventions à risque et bravent les dangers sans crainte. Disperser les foules hostiles des manifestations et escorter les détenues font partie de leurs missions. Elles sont même sollicitées pour faire des démonstrations de self-defense dans les collèges et pour dispenser diverses formations aux jeunes à travers le pays. Ces policières sont prêtes à faire face à toutes les éventualités.

Elles suivent une formation physique intensive. Ces entraînements rigoureux les aident à se forger un mental d’acier. Tout comme leurs collègues masculins, elles effectuent des formations avec des armes et du gaz lacrymogène. Ces policières n’ont pas peur d’affronter les défis et c’est avec enthousiasme qu’elles se mettent au service du pays.

Marie Emilie Karol Desveaux, 23 ans, une habitante du Nord et Wenda Cressy Caroopen Plassan, 29 ans, domiciliée à Beau-Bassin, font partie du SRG. Nous les avons rencontrées aux Casernes centrales. Les deux femmes expliquent qu’intégrer la police était une grande première pour leurs familles respectives. C’est un rêve qu’elles ont pu réaliser. 

«Je ne me suis jamais sentie inférieure
à mes collègues hommes»

Après avoir terminé ses études secondaires, Marie Émilie Karol Desveaux a rejoint les forces de l’ordre le 15 juillet 2016. Wenda Cressy Caroopen Plassan a, quant à elle, intégré la police le 15 janvier 2014. Comme beaucoup de leurs collègues, elles ont travaillé dans des postes de police avant de rejoindre l’équipe du SRG. «C’était une expérience différente. Ici, notre travail nous permet d’être plus en action sur le terrain.»

Les deux jeunes femmes soulignent que c’est en raison de leur condition physique qu’elles ont décidé d’intégrer cette unité quand l’opportunité s’est présentée. D’ailleurs plusieurs membres du SRG sont des athlètes. Certaines pratiquent le rugby, le handball ou l’arbitrage de match de football, entre autres. La discipline préférée d’Emilie Desveaux est la course à pied.

En l’écoutant parler, l’on découvre une autre facette de sa féminité ; celle de la mère affectueuse d’une petite fille de trois mois. Émilie Desveaux jongle avec son travail et ses nouvelles responsabilités de mère à la perfection et apporte tout son soutien à son conjoint.

Il en est de même pour Wenda Cressy Caroopen Plassan, qui témoigne avec sourire de sa passion pour ce travail noble. «Je ne me suis jamais sentie inférieure à mes collègues hommes. On est une équipe soudée. Ce qui nous permet d’avancer et d’accomplir les missions difficiles, c’est d’avoir une grande confiance-en soi.»

L’officier en charge de cette unité, l’inspecteur  Hauzaree, ne tarit pas d’éloges sur ces femmes exceptionnelles. «Je suis très satisfait du travail d’équipe et de la bonne entente qui règne entre elles. Elles sont très ambitieuses, remplies de motivation et montrent un grand dévouement pour leur travail.  D’ailleurs le souhait du commissaire de police, Mario Nobin, est que davantage de femmes soient engagées au SRG. Il faut développer leur potentiel pour faire de cette unité l’une des meilleures de la police», dit-il avec conviction.

En aparté…

Quel est l’élément clé de votre réussite?

Wenda : Il n’y a aucun secret. C’est la volonté et la détermination qui nous permettent de vaincre les difficultés. Pour cela, il faut avoir le contrôle de soi, l’esprit calme et la faculté de prendre des décisions liées à votre bien-être.

Comment arrivez-vous à gérer la pression professionnelle et votre vie familiale?

Émilie : Il ne faut surtout pas mélanger la vie professionnelle avec la vie personnelle. Il faut faire des sacrifices tout en faisant preuve de sagesse pour trouver le juste milieu. Il faut aussi développer la persévérance afin de surmonter les épreuves.

Avez-vous constaté des changements depuis votre intégration au sein de la police?

Émilie : Il y a eu beaucoup de changements au niveau de la police concernant l’émancipation de la femme. De nombreuses tâches sont venues s’ajouter à notre travail. Par exemple, avec le Metro Express, les policières sont appelées à travailler pour assurer l’ordre et aider les passagers. On prend ces changements de manière très positive. Et puis, on a eu de nouveaux uniformes. Même au niveau des équipements, il y a eu des améliorations. Et bientôt le Fingerprint system et le Coding system entreront en vigueur, ce qui sera d’un grand avantage pour nous.

Que voudriez-vous changer dans la perception de la société à votre égard?

Wenda : On souhaite que les gens changent leur regard sur nous. Qu’ils réalisent à quel point c’est difficile pour nous d’instaurer l’ordre et la paix. Nou enn ban êtres humains avan tou. Je voudrais leur demander de nous donner un coup de main pour rendre notre tâche plus facile sur le terrain.

Que pensez-vous de la violence domestique?

Wenda : La violence domestique est devenue une habitude. C’est chagrinant de constater le nombre de cas qui sont enregistrés chaque jour. On doit apporter tout notre soutien aux femmes afin qu’elles puissent dénoncer ces injustices sans crainte.

En cette Journée internationale de la femme, avez-vous un message spécial à celles qui sont victimes de violences?

Émilie : Fer tann zot lavwa, pas les sitiasion agravé, sorti al rod ed.

Wenda : Zot konn valer ki zot enan, dinite ki zot enan, alor pa per pou vinn de lavan pou fer tann seki zot enan pou dir. Kriye o e for si zot gagn ban difikilte pou al lapolis, apros zot ban vwazin ou enn memb zot lafami avan ki tro tar.

Journée internationale des femmes | Special Response Group | Special Support Unit



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