Pollution aux arrêts de bus: «Fode dimounn konn servi poubel !»

7 mars 2020

pollution, incivisme, poubelles, arrêts d’autobus

L’installation de plus de poubelles ne règlerait pas le problème de pollution, indique-t-on dans les milieux concernés.

Tickets d’autobus, emballages plastiques en tout genre, boîtes de jus, mégots de cigarette… et même des épluchures de légumes. Certains arrêts d’autobus prennent de plus en plus l’allure de dépotoirs à ciel ouvert. Ce sont, pour la plupart, les passagers d’autobus qui se rendent coupables d’un tel incivisme, faisant fi des loi actuellement en vigueur concernant la pollution (voir plus loin). Toutefois, dans les milieux concernés, si on concède qu’il faut faire l’éducation des Mauriciens, on évoque surtout un manque de poubelles.

C’est notamment ce que fait ressortir Vashil Jasgray, membre du Rotaract Club de Mahébourg et directeur du Kolektif Rivier Nwar. «Dan Mahébourg, ena enn laboutik kot bistop ek so poubel rest toultan ranpli. Ki ve dir pasaze kone kot pou zet salte», dit-il en guise d’exemple. Il est clair pour Vashil Jasgray que les collectivités locales doivent faire le nécessaire pour distribuer plus de poubelles, notamment près des arrêts d’autobus.

«Pou ena poubel si, dimounn pou zet andeor poubel-la mem !»

Une telle mesure contribuerait-elle à diminuer la pollution près des arrêts d’autobus ? Pas si sûr, répond Sébastien Rousset, membre du Collectif Citoyen Maurice Environnement. «Pou ena poubel si, dimounn pou zet andeor poubel-la mem !» lance-t-il. Pour cet écologiste, il est indispensable que chacun soit placé face à ses responsabilités. Cette sensibilisation, insiste-t-il, doit commencer à l’école.

Le Collectif Citoyen Maurice Environnement, à travers ses nombreuses initiatives, oeuvre justement à la sensibilisation de la conscience citoyenne collective sur l’impact de la pollution. Sauf qu’«il n’existe pas de baguette magique pour faire changer les comportements», reconnaît Sébastien Rousset. Ce processus prendra du temps. Le militant pour l’environnement refuse de perdre espoir. «C’est un projet assez long, mais les résultats porteront leurs fruits un jour.»

Et qu’en pense l’inspecteur Jean Nobin Brasse, de la police de l’Environnement ? Fournir plus de poubelles serait, en effet, un moyen de dissuasion pour tous ceux qui jettent des déchets dans l’espace public, répond-il. «Beaucoup de gens ne garderont pas leurs déchets dans leurs sacs si nous fournissons vraiment plus de poubelles près des arrêts de bus.» L’inspecteur Brasse avance que certains conseils de district ont d’ores et déjà commencé à travailler sur l’installation des poubelles. Parmi ceux-ci, celui de Pamplemousses, qui s’affaire actuellement à placer des poubelles à Terre-Rouge. «Avec l’aide du gouvernement, nous pouvons réaliser ce projet plus vite.»

«Plus de poubelles ne changera pas vraiment le comportement de la personne»

L’officier de police n’est toutefois pas dupe sur l’efficacité réelle d’une telle mesure. «Plus de poubelles ne changera pas vraiment le comportement de la personne. Ce changement doit venir de l’intérieur.»

Iqbal Aubeeluck, élu du district de Pamplemousses, met également le doigt sur l’incivisme de certains Mauriciens. «Fode dimounn konn servi poubel !» Malgré les efforts des collectivités locales pour placer des poubelles aux endroits considérés comme stratégiques, dont les arrêts d’autobus, les gens continuent de jeter leurs déchets sur la voie publique, déplore-t-il.

Toujours est-il qu’il manque des poubelles à certains arrêts d’autobus. Un problème dont Iqbal Aubeeluck se dit conscient. Ce manque découle, dans certains cas, du fait qu’«il n’y a pas de place près des arrêts». Néanmoins, là où c’est faisable, des poubelles seront installées : «Pou realiz proze-la li fasil li.» Il parle même d’installer des poubelles de tri sélectif aux arrêts d’autobus, «dépendant de si on a assez de place». L’élu du district de Pamplemousses est persuadé qu’à force de les voir, les passagers et piétons finiront par s’y habituer.

Ou pas…

Des amendes de Rs 500 à Rs 10 000

L’inspecteur Jean Robin Brasse rappelle que les pollueurs sont sanctionnés d’une amende. Celle-ci varie entre Rs 500 et Rs 10 000, dépendant de l’infraction. Par exemple, celui qui jette un mégot de cigarette devra payer un montant ne dépassant pas Rs 2 000. Pour les déchets plastiques, le pollueur devra s’acquitter d’une amende de Rs 10 000. Tandis que ceux qui jettent leurs ordures dans la nature seront sanctionnés d’une amende de Rs 500 à Rs 2 000.

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