Planet FM: salaires impayés et «démissions forcées», une enquête ouverte

17 avril 2020

 

Planet FM, salaires impayés, démisison forcée

Ils disent avoir refusé de travailler tant qu’ils ne seraient pas payés. La direction parle, elle, de «démission». Rien ne va plus au sein de Planet FM depuis le début du mois. Face à ce qu’ils qualifient de «démission forcée», plus d’une quinzaine d’employés ont porté plainte officiellement auprès du bureau du Travail et de l’Independent Broadcasting Authority, contre Mayfair and Purely Communications Ltd. Une enquête a été ouverte.

Journalistes, techniciens, animateurs, employés d’administration et du département I.T. se retrouvent, du jour au lendemain, sur le pavé. Ils expliquent que depuis janvier, ils ne reçoivent plus de salaire. D’ailleurs ils n’ont pas reçu leur boni de fin d’année en décembre dernier. Quant au salaire de décembre, il est incomplet.

Nombreux discours et promesses

Pis, leurs salaires ont été revus à la baisse en juillet de l’année dernière, lancent-ils, amers. «De nombreuses fois, ils nous ont tenu des discours et fait des promesses, mais à ce jour, rien.» Pourquoi, alors avoir accepté de continuer à travailler dans ces conditions ? «On a quand même travaillé parce qu’on aime notre métier malgré le fait de ne pas être payés», répondent ces ex-employés.

La situation s’est toutefois corsée au début du mois. Las d’attendre que les promesses de la direction se concrétisent, plus d’une quinzaine d’employés ont décidé de poser un ultimatum aux responsables de la radio. Dans un courriel officiel, ils leur ont expliqué qu’ils ne travailleraient pas tant qu’ils ne recevraient pas leur dû.

«Opération commune de sabotage»

Or, au niveau de la direction de Planet FM, on parle de démission, voire d’«opération commune de sabotage des activités de la radio». Dans un courriel adressé aux dits employés en réponse à le leur, Mayfair and Purely Communications Ltd évoque le problème de fonds bancaires, ajoutant que «malheureusement, la conjoncture actuelle liée au virus COVID-19 nous fait encore plus de tort ne nous permettant pas de remonter cette pente comme prévue ni d’effectuer un paiement immédiat».

La compagnie laisse entendre que ces «démissionnaires» devraient être payés à la fin du confinement. «A la fin de cette période de confinement, nous vous recontacterons pour discuter individuellement d’un plan de paiement concernant votre solde de votre compte, ainsi qu’un certificat de travail. Nous en informerons également les autorités concernées de cette procédure mis en place.» Entre-temps, il a été interdit à cette quinzaine de personnes d’utiliser leur mail professionnel ; leurs comptes respectifs ont d’ailleurs été désactivés.

Ces ex-employés ne l’entendent toutefois pas de cette oreille. D’autant qu’un avis de recrutement a été lancé pour pourvoir leurs postes respectifs. Or, se demandent-ils, «koman pe pay bann nouvo-la si konpani pena kas ?». Joint au téléphone jeudi 16 avril, Vedan Choolun, Chairman de Mayfair & Purely Communications Ltd, et l’un des directeurs de Planet FM, a refusé de nous donner sa version des faits.

Détournement de fonds allégué

Ce n’est pas la première fois que Planet FM se retrouve au centre de la controverse. Les ennuis ont commencé quelques mois à peine après que la radio a commencé à opérer. Le jeudi soir 23 mai, Vedan Choolun est arrêté par la police du Passport and Immigration Office à l’aéroport de Plaisance alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion. L’un des directeurs de Mayfair and Purely Communications Ltd, Arvind Nilmadhub l’accuse d’avoir détourné Rs 11,4 millions de la compagnie au profit de United Indians Television Ltd (UITL) ; Vedan Choolun en est le directeur et un des principaux actionnaires.

Il recouvre la liberté le 28 mai, après avoir payé une caution de Rs 15 000 et signé une reconnaissance de dettes de Rs 35 000. Vedan Choolun nie les accusations portées contre lui et parle d’un complot d’Arvind Nilmadhub, Raphaël Eggenspieller et Osman Badat, deux autres directeurs de Mayfair and Purely Communication Ltd, pour l’évincer.

En août 2019, Vedan Choolun et Arvin Audit ont pris officiellement le contrôle de Planet FM en en devant les directeurs.

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