Pauvreté: les malheurs de Clesley Meriline Sophie

8 mai 2020

Le sort semble s’acharner sur Clesley Meriline Sophie. Cela fait plusieurs années qu’elle encaisse les coups durs. Séparée de son époux depuis huit ans, cette mère de trois enfants, deux fils de 19 et 15 ans et une fille de 17 ans, doit composer avec la maladie qui la ronge et lui vole, petit à petit, sa mobilité.

Clesley Meriline Sophie décrit sa maladie comme l’arthrose du pied et de la cheville. Ceux-ci sont enflés et l’empêchent de marcher correctement. C’est à l’aide de béquilles qu’elle se déplace, bien qu’elle ne puisse se tenir debout pendant longtemps. Elle a consulté deux médecins, qui lui ont donné des diagnostics différents. L’un parle de l’os usé ; l’autre d’une exostose osseuse. A qui se fier ? Qui croire ? La mère de famille ne sait pas. Ne sait plus.

Cette maladie la ronge depuis six ans déjà. Mais ce n’est pas la seule dont elle souffre. Diabétique, elle fait aussi de l’hypertension et souffre de cholestérol. En 2012, soit deux ans avant l’apparition de cette maladie mystérieuse, elle a été opérée d’un abcès cutané à la main. La mère de famille travaillait alors comme machiniste. Elle a dû rendre son tablier.

«Mo sagrin mo get mo zanfan,
pena manze»

Clesley Meriline Sophie touche certes une aide sociale. C’est toutefois insuffisant pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Nous lui avons parlé le mercredi 28 avril ; elle n’avait toujours pas reçu l’aide sociale de Rs 2 500. «Mo sagrin mo get mo zanfan, pena manze, mo’nn gagn la farinn ek mo vwazinn pou kav fer enn de roti pou ki mo zanfan manze tanto», raconte-t-elle, le cœur gros. L’ONG SMP essaie tant bien que mal de l’aider en lui apportant des provisions et quelques repas. Elle bénéficie aussi de la visite d’un médecin à domicile. Des démarches ont été entamées pour qu’elle puisse toucher une pension d’invalide.

Avant qu’elle ne reçoive le soutien de l’ONG, plusieurs autres associations et personnes lui sont venues en aide. Des fois, son ex-compagnon lui rapporte aussi des provisions car il n’a toujours pas trouvé d’emploi fixe. Clesley Meriline Sophie révèle que son benjamin, qui fréquente un collège confessionnel, a, à plusieurs reprises, souffert de vertiges. Il n’a rien à manger quand il est à l’école. «Li manz enn tigit diri gramatin, li pa amenn nanye lekol parski pena. Kan li retourn lakaz si ena manze li manze, sinon bizin atann aswar…» explique-t-elle, des larmes dans la voix.

«Mo gran garson ek mo tifi inn fer prevok.» Pour l’instant, ils ne travaillent pas. L’aîné fait de temps en temps des petits boulots. Les enfants, poursuit Clesley Meriline Sophie, ont être bouleversés par le départ de leur père. «Zot inn bien afekte kan zot papa inn kit zot.» Malgré les difficultés, ils tentent de réussir dans la vie. D’ailleurs, la mère de famille peut compter sur sa fille pour le ménage et la cuisine.

Clesley Meriline Sophie est très proche de ses enfants. Le confinement est d’ailleurs l’occasion de renforcer les liens. Ils regardent la télé et jouent aux jeux de société. Elle avance que ses enfants ont hâte de sortir. «Mo ti garson anvi retourn lekol !», rit-elle.

Clesley Meriline Sophie | pauvreté | SMP



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