Pauvreté: Doriana rêve de lendemains meilleurs

8 mai 2020

pauvreté, SMP, Doriana

Doriana élève seule son fils depuis que son époux les a abandonnés.

«J’ai choisi de vivre une vie digne et respectueuse.» De l’argent facile, Doriana, 30 ans, aurait pu en trouver. Mais ce n’est ni la voie qu’elle souhaite suivre, ni l’exemple qu’elle veut donner à son fils. Sur le visage de son enfant, elle veut voir l’éclat de la joie et de la fierté. Et c’est pourquoi, contre vents et marées, la mère célibataire a décidé de ne pas abandonner.

Sa vie a basculé il y a trois ans. Du jour au lendemain, elle se retrouve seule à enlever son fils, son époux ayant décidé de faire une croix sur leur vie de couple, sur leur vie de famille, sur leurs nombreux projets. «Mon ex-mari m’a dit qu’il devait retourner chez sa mère car il devait travailler», raconte-t-elle. Mais Doriana n’est pas dupe.

«Mo’nn perdi tou mo reper»

Cet abandon sonne le glas de la vie qu’espérait la jeune femme. Dans un premier temps, Doriana est perdue. «Mwa ki ti enn fam ki ti ena konfians an mwa, mo’nn perdi tou mo reper.» Elle s’inquiète surtout pour l’avenir de son fils. «Il est ma plus grande fierté. Li touzour dan lazwa. Il est très intelligent car il communique avec beaucoup de sagesse. Il n’est pas difficile. Il comprend la misère. Je préfère qu’il vive avec moi qu’avec son père.» Son plus grand souhait est d’éduquer son fils pour qu’il devienne un homme meilleur, qui sache prendre ses responsabilités.

Un malheur n’arrivant jamais seul, mère et fils se retrouvent à la rue, n’ayant pas d’argent pour payer le loyer. C’est ainsi qu’en janvier, elle retourne vivre chez ses parents, à Stanley. «Je n’ai pris que l’essentiel. Tous les meubles sont restés dans la maison où je vivais. Faute de moyens, je n’ai pu aller les récupérer», explique-t-elle avec tristesse.

Ce retour à la case départ, Doriana le vit mal. Les conditions de vie ne sont pas idéales. Ils sont quatre à vivre sous le même toit, ses parents, son fils et elle. Ce n’est pas facile de joindre les deux bouts, car son père est le seul à travailler. Il est maçon et n’a donc pas de sécurité d’emploi. Doriana révèle que des fois, elle ne peut envoyer son enfant à l’école car elle n’a rien à lui donner à manger.

Demain sera un jour meilleur

C’est alors qu’elle marchait dans la rue près de chez ses parents qu’elle aperçoit des bénévoles de l’ONG Solidarite Marye Pike. C’était en janvier. Elle se confie à eux. Depuis, Doriana reçoit chaque semaine des provisions. Depuis le début du confinement, l’ONG fait preuve de solidarité et distribue des repas chauds. Les mères célibataires font partie des bénéficiaires. «Mon fils et moi recevons de la nourriture tous les jours entre 17 heures et 17 h 30.»

Un repas chaud qui leur met du baume au coeur et leur donne du courage pour affronter les nuits. Son fils et elle dorment sur des tapis posés à même le sol, dans un chambre. Chaque matin, l’enfant lui fait la remarque que c’est pénible de dormir ainsi. Elle essaie de le consoler et de lui enseigner la patience à travers toutes ces souffrances. Demain sera un jour meilleur, lui dit-elle chaque soir.

Doriana | pauvreté | SMP



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