Les Vacoassiens stigmatisés: « dimounn get ou koumadir ou kontamine »

22 mars 2020

 

Nombreux sont les habitants de Vacoas à avoir subi des préjugés depuis l’annonce du premier cas de Covid-19 à Maurice. En effet, celui que les autorités pensent être le  ‘patient zéro’ habite justement cette ville. Cela a donné lieu à une grande inquiétude chez les habitants mais a aussi engendré une certaine hostilité envers eux, notamment dans les transports en commun.  Qu’en est-il des mesures prises par la Compagnie nationale de transport (CNT) pour protéger les Vacoassiens durant leurs trajets en bus ?

Par ailleurs, nous avons contacté quelques habitants de Vacoas. « Les gens de la région sont angoissés », affirme Yannick Catherine. Agé de 31 ans, cet habitant de Vacoas explique qu’il était avec ses amis ce mercredi 18 mars. Ils ont tous été choqués d’apprendre que la personne infectée était de la région où ils résident. «  Le problème est qu’il s’est baladé dans tous les coins et nous ne pouvons pas savoir exactement parmi nous qui a été infecté », confie Yannick Catherine, visiblement agacé par la situation. 

Un regard méprisant

Il ajoute que le matin du jeudi 19 mars, en se rendant au travail dans sa voiture, il a remarqué une grosse activité sur l’arrêt de bus de Vacoas. Ses amis lui ont, par la suite, expliqué que les Vacoassiens qui voulaient monter dans un bus ont eu à subir la mauvaise attitude et les remarques blessantes des autres passagers. 

« Les passagers ont un regard méprisant sur les personnes qui habitent cet endroit. Koumadir ki zot pa ti bizin dan sa bis la. » Selon Yannick Catherine, la personne infectée habite non loin de chez lui. Il révèle que les ambulanciers sont venus le prendre et ont interdit à sa famille de sortir de la maison. « Tout cela aurait pu être évité si les protocoles avaient été respectés. »

« les gens me regardaient avec une certaine méfiance »

Quant à Phillipe Ping, un père de famille, il raconte la mauvaise expérience qu’il a vécue en prenant le bus jeudi matin pour se rendre à son travail dans la capitale. « Je me suis senti bizarre dans le sens ou les gens me regardaient avec une certaine méfiance. Zot get ou koumadir ou kontamine », raconte tristement cet homme de 48 ans. Cependant, il est parvenu à ignorer ces provocations et à continuer sa route tranquillement jusqu’à son travail. « Tout le monde est sous le choc, mais personne n’est à l’abris. J’espère juste que tout cela finira bientôt », explique Phillipe Ping.

« Je demande aux membres du public de nous contacter  s’ils constatent des comportements discriminatoires dans le bus », explique Sunil Gopal, responsable de la communication de la CNT. Il ajoute qu’il faut avertir la direction en appelant le 133 si un passager ou un receveur se comporte mal dans l’un des bus de cette compagnie. « Il ne faut pas stigmatiser qui que ce soit. Nous devons avoir un comportement exemplaire dans le service public », lâche le responsable de la communication.

covid-19 | discrimination | Vacoas



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