Extrême pauvreté: les anges gardiens de Coline Céleste

1 mai 2020

extrême pauvreté, SMP, handicap, confinement

Coline Céleste est en situation de handicap après un incendie qui a ravagé la maison où elle habitait.

«Je suis paralysée depuis que j’ai été victime d’un incendie», confie Coline Céleste. C’était en 2001. Ce jour-là, sa vie a basculé. Cet incendie a ôté la vie à son oncle, tandis que sa fille et elle ont été blessées. Depuis, Coline Céleste souffre d’épilepsie. Le quotidien est une bataille pour la mère de famille de 43 ans. Elle peut toutefois compter sur le soutien indéfectible de sa cousine Corinne Labuche, ainsi que de l’ONG Solidarite Marye Pike (SMP).

Après l’incendie de 2001, les misères de Coline Céleste s’enchaînent. Victime de violence, elle doit quitter le toit conjugal. C’est dans une maison délabrée à Roche-Bois qu’elle trouve refuge. Mais elle est loin d’être au bout de ses peines. Elle fait la connaissance d’un homme qui la violente à son tour.

«Elle était allongée sur un matelas,
un chien à côté d’elle…
»

Ce n’est qu’en 2016 qu’elle finira par retrouver espoir lorsque sa cousine, Corinne Labuche, la retrouve après de longues années de recherche. Cette dernière se souvient de ces retrouvailles comme si c’était hier. «Elle était allongée sur un matelas dans une cuisine, un chien à côté d’elle. Elle portait un vêtement troué et sale. La maison empestait. Je pouvais apercevoir un pot de chambre non loin de là où elle dormait. Mo rapel ti ena manze gate ki ti pe santi. C’était pitoyable !»

Corine Labuche décide alors de la prendre sous son aile. Elles élisent domicile à Albion et vivent aujourd’hui à huit sous le même toit. Les conditions de vie sont loin d’être idéales. «Il n’y a plus d’électricité dans notre demeure depuis un an», disent les cousines. Mais Coline Céleste ne veut pas être ingrate. «Je suis reconnaissante envers ma famille qui est toujours à mon chevet. On s’occupe bien de moi.»

Corine Labuche est celle qui tient le foyer d’une main de fer. «Même si nous n’avons pas grand-chose, nous faisons avec», fait-elle part. Elle fait de son mieux pour donner le sourire à sa cousine Coline. «Li bien gate, mo pa anvi nou separe ankor enn fwa, mo pou ar li ziska mo dernie souf», assure-t-elle. Les petites habitudes de sa cousine, elle les connaît par coeur. «Elle aime boire du thé à longueur de journée et manger des biscuits de temps à autre !»

«On se serre les coudes»

Avec l’argent de la pension qu’elle reçoit de sa cousine, Corine Labuche achète couches, serviettes hygiéniques, thé et nourriture. «On se serre les coudes. Il n’y a que moi et mon fils qui travaillons. C’est difficile de joindre les deux bouts». Son souhait est de pouvoir agrandir sa maison et vivre une vie décente.

Entre-temps, les deux cousines reçoivent l’aide des bénévoles de SMP. Depuis le début du confinement, ils distribuent des repas chauds aux personnes démunies ou malades une fois par jour. Entre 17 heures et 18 heures, dit Coline Céleste, deux membres de l’association se rendent chez elle. «Ils distribuent des repas chaud tous les jours. Ce sont des plats variés. Du riz, grains secs, ‘bred’, rougaille, conserves, saucisses…» Elle se dit surtout réconfortée par la chaleur humaine des bénévoles. «Ils ne se contentent pas de nous donner à manger, mais nous entamons chaque soir un petit brin de causette.» Une attention qu’elle dit chérir, particulièrement en cette période où le contact humain se fait rare.

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