Déconfinement à Rodrigues et Agalega: «Premie zafer mo’nn al lamer!»

18 avril 2020

Covid-19, déconfinement, Rodrigues, Agalega

Elodie Perrine dit avoir profité du confinement pour passer plus de temps avec son époux et ses deux enfants.

La grisaille n’a nullement joué les trouble-fête. Rien ou presque n’a pu, en effet, entamer la bonne humeur des Rodriguais et des Agaléens depuis la levée du couvre-feu sur leurs îles, mercredi 15 avril. Depuis jeudi, ils sont «libres» et la vie reprend lentement mais sûrement son cours.

«Premie zafer mo’nn fer, mo’nn al lamer», déclare d’emblée Tiphanie Prosper. Cette habitante de Pistache, à Rodrigues, âgée de 24 ans, se réjouit que les rues de l’île soient désormais animées. Elle n’a d’ailleurs elle-même pas hésité à sortir pour retrouver ses camarades et ses proches.

«Les habitants ont repris leur travail. Il y en a qui profitent pour se ravitailler», dit la jeune femme. Tiphanie Prosper ne cache pas son soulagement que l’île Rodrigues soit épargnée du Covid-19, d’autant qu’elle se dit consciente de la gravité de la pandémie et de son impact sur le monde entier. «Je suis heureuse que notre île soit à l’abri.» Ce qui ne l’empêche pas, précise-t-elle, de prendre «toutes les précautions nécessaires».

Covid-19, déconfinement, Rodrigues, Agalega

Tiphanie Prosper confie son soulagement qu’aucun cas de Covid-19 n’ait été détecté à Rodrigues.

Elodie Perrine, enseignante en informatique, se dit elle aussi soulagée que le couvre-feu ait pris fin à Rodrigues. Et cela, bien qu’elle ait pu profiter du confinement pour passer plus du temps avec son époux et ses deux enfants. «Nous sommes rassurés car il n’y a eu aucun cas ici.» La jeune femme ne cache toutefois pas son inquiétude pour ses proches. «Mo per, mo mazinn mo fami ki Moris, zot ti kapav touse par sa viris-la.»

Depuis jeudi, raconte-t-elle, les commerces ont commencé à rouvrir et les habitants sortent de chez eux, certains plus timidement que d’autres. Car bien qu’aucun cas n’ait été enregistré sur l’île, les Rodriguais continuent de prendre des précautions et respectent la distanciation sociale. En effet, si l’île reprend vie, des changements, il y en aura certes. L’enseignante se dit consciente que la chaîne alimentaire avec Maurice risque d’être perturbée. Heureusement que les Rodriguais peuvent compter sur leurs pâturages et leurs plantations. «Avec cette pandémie, nous sommes obligés de plus nous concentrer sur la plantation», fait-elle comprendre.

«On était prisonniers chez nous. J’étais agacée !»

Dans la foulée Elodie Perrine déplore la connexion internet, qu’elle qualifie de pitoyable. «Il est difficile de mener les cours à distance car la connexion internet est mauvaise. Ce n’est donc pas évident pour les élèves et les profs aussi», s’indigne-t-elle.

A Agalega aussi, la vie reprend ses droits après plusieurs jours à l’arrêt. Paulette Henri se sent enfin libre. «On était enfermés et on était prisonniers chez nous. J’étais agacée !» lâche cette quadragénaire habituée au travail. D’ailleurs, à peine le confinement levé qu’elle s’était déjà remise au travail malgré le mauvais temps. Elle explique que bien que les écoles soient toujours fermées, elle emmène son fils âgé de 13 ans chez son enseignant. «Mon fils se rend chez son prof, qui habite non loin de chez nous, pour corriger ses devoirs.»

 

Covid-19, déconfinement, Rodrigues, Agalega

Paulette Henri se dit triste d’être séparée de son époux qui se trouve actuellement à Maurice pour des soins.

En dépit de son soulagement que le couvre-feu soit enfin terminé, Paulette Henri avance ressentir de la peine car son époux se trouve à Maurice pour des soins médicaux et ses autres enfants ont, eux, fondé leur foyer à Maurice et à Rodrigues. «Mo sagrin bann-la pa la, mo latet fatige.» Elle parle aussi de sa peine face aux moments douloureux que traverse le monde en entier. La quadragénaire trouve du réconfort dans la prière. Elle en est persuadée, «la prière joue un grand rôle dans notre vie, c’est l’arme la plus puissante qui soit». Cependant, Paulette Henri ne perd pas espoir et se réjouit qu’il n’y ait aucun cas détecté depuis ces derniers jours à Maurice.

«Je suis triste pour mes frères et sœurs mauriciens», déclare, elle, Rose Marie Jean Francois. Toujours est-il qu’elle a de nouveau l’impression de respirer depuis la levée du confinement à Agalega. «Nous étions des prisonniers, nous sommes habitués à travailler.» Pour beaucoup, la liberté est cruciale pour leur épanouissement. «Lorsque je me suis réveillée jeudi matin, j’ai ressenti ce sentiment de liberté que je n’avais pas ressenti depuis longtemps…»

Agalega | covid-19 | déconfinement | Rodrigues



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