Crèche en entreprise: difficile accouchement

16 mars 2020

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(Photo d’illustration) Une crèche en entreprise est une solution idéale pour de nombreux employés qui ne savent pas comment faire garder leurs enfants.

Plusieurs jours de congé forcé la semaine dernière, encore un demain, mardi 17 mars, le pays devant passer en avertissement de cyclone de classe 2 ce lundi après-midi 16 mars. Des parents ne savent plus où donner de la tête pour garder leurs enfants, les établissements scolaires restant fermés. Remettant ainsi sur le tapis la question de crèche en entreprise. Un concept populaire à l’étranger mais qui peine toujours à faire du chemin à Maurice.

Ce n’est toutefois pas par manque de volonté, précise Areff Salauroo, président de l’Association des directeurs des resources humaines de Maurice (MAHRP). Il fait comprendre que «les entreprises souhaiteraient toutes avoir une crèche, mais ce souhait est difficile à mettre en pratique». Notamment en raison de toute la logistique que cela nécessite.

Areff Salauroo explique que pour avoir le permis d’opérer une garderie, celle-ci doit être enregistrée auprès du ministère de l’Egalité des genres et du bien-être de la famille et avoir le nombre suffisant d’auxiliaires de puériculture. Sans compter que «les normes d’hygiène demandent un gros investissement. Le plus important, c’est d’assurer la sécurité des enfants. Nous parlons là des petites querelles entre enfants, les accidents, les maladies, entre autres. Tout cela contribue à freiner les élans des entreprises». Il y a aussi, dit-il, «la difficulté de trouver de vrais professionnels pour le bien-être des enfants».

«Mieux vaut se donner le maximum de chances»

Ce n’est pas tout. «Il faut ajouter à cela l’espace, incluant l’espace de jeux, de repos, des toilettes, ainsi qu’un endroit approprié pour les repas.» Sur ce dernier point, les normes strictes imposées par le ministère implique la préparation de repas chauds. Le président de la MAHRP fait ressortir que «lorsqu’on parle de repas, cela requiert des traiteurs spécialisés. L’entreprise qui choisit d’aller de l’avant avec ce projet doit le faire professionnellement. Si on s’y prend à la légère, il y a certainement de gros risques. Mieux vaut se donner le maximum de chances».

Certaines entreprises ont franchi le pas. Comme le groupe United Basalt Products Ltd (UBP) et ENL, qui a mis en place la crèche Ti Pouce au Vivéa Business Park, à Moka. «Ce sont des aspects concrets au bien-être de l’entreprise», indique un cadre d’ENL. Cette crèche offre un véritable soulagement aux parents travaillant dans les environs et ailleurs. Selon le cadre d’ENL, les parents dont leurs enfants sont placés à la crèche ont l’esprit plus tranquille et sont davantage motivés. Il va plus loin et parle d’un meilleur environnement de travail.

Ce que confirme Shirley, une employée dont l’entreprise se trouve au Vivéa Business Park. «Je suis tellement soulagée et heureuse qu’ENL ait mis sur pied cette crèche. Mon enfant bénéficie d’une éducation très avancée et elle améliore son développement cognitif», s’enthousiasme-t-elle. Elle affirme que le fait de se sentir près de son enfant l’encourage à être plus productive et concentrée au travail. Elle peut adapter ses horaires efficacement sans avoir à se précipiter en route.

«Plus pratique de savoir son enfant près de soi»

De son côté, Gérard, un autre employé basé au Vivéa Business Park, souligne que c’est une très bonne initiative de la part du Groupe ENL. «Mon enfant était inscrit dans une autre crèche, mais avec la création de Ti Pouce en 2015, cela a été beaucoup plus pratique surtout de le savoir plus près de moi.»

D’autres parents interrogés sur le sujet avancent qu’ils souhaiteraient bénéficier de ce genre de facilité dans leurs entreprises. Rachel, une nouvelle mère, avance que la crèche en entreprise est une nécessité, surtout avec l’encouragement du gouvernement vis-à-vis de la maternité. «Il est vrai qu’on est mieux logés maintenant en termes de congés de maternité, de paternité et il y a aussi le flexitime, mais il faudrait aussi mettre en place plus de mesures, comme la mise sur pied de garderies en entreprise», martèle-t-elle.

La balle semble désormais dans le camp des employeurs… et du gouvernement.



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