[Covid-19] Programme scolaire télévisé: plusieurs fausses notes relevées

6 avril 2020

Covid-19, confinement, programme éducatif

Les fautes grammaticales, entre autres, n’ont pas échappé à l’attention des parents et éducateurs.

«Sa ki pou aprann zanfan !» lâche Sheila. Cette mère de deux enfants ne cache pas sa déception devant le niveau des émissions éducatives diffusées de 9 heures à 15 heures, depuis ce lundi 6 avril sur quatre chaînes de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC). Une initiative du ministère de l’Education et du Mauritius Institute of Education (MIE), entre autres, pour pallier le retard dans le programme scolaire en raison de la période de confinement.

«N’y a-t-il pas eu de vérification avant que les leçons ne soient diffusées ?» se demande Sheila, en faisant référence aux fautes d’orthographe et de grammaire qu’ont relevées de nombreux parents et éducateurs. «Les fautes d’orthographe peuvent nuire à l’apprentissage de ces enfants. Après les émissions, j’ai dû refaire les leçons avec mes enfants en leur demandant de réécrire correctement les phrases», ajoute la mère de famille. Ce ne serait toutefois pas le seul problème qui a été noté. Certains éducateurs évoquent, en effet, un niveau inapproprié, ainsi qu’une absence de consultations.

«Alarmant, les fautes d’orthographe…»

Au dire d’une enseignante dans une école primaire RCA, «le programme n’a pas été bien établi et préparé en ces temps de crise. De plus, il n’y a pas d’élaboration constructive pour rattraper le programme scolaire». Elle avance qu’il n’y a aucune introduction au sujet mais qu’il s’agit plutôt de révisions.

Au niveau de la SeDEC, explique-t-elle, les enseignants travaillent sur la plateforme Shared Learning Mauritius. Les vidéos postées et les leçons dispensées sont préparées par les enseignants de la Roman Catholic Education Authority (RCEA). «Chez la RCEA, les leçons sont contre-vérifiées avant d’être publiées et nous n’avons pas le droit à l’erreur. Elles sont modifiées pour s’assurer qu’il n’y ait aucune faute. Par contre, on se demande s’ils le font au niveau du ministère», s’interroge l’enseignante.

Même son de cloche du côté d’une autre enseignante du secondaire. «Je trouve cela alarmant, les fautes d’orthographe, surtout pour les langues. N’y a-t-il pas un personnel qui vérifie ces diapos avant la diffusion ou serait-ce encore une fois un manque d’organisation ? Nous faisons tous des erreurs mais en tant que professionnel, il faut préalablement vérifier son contenu avant les cours, surtout s’il y a des doutes», lance-t-elle.

«Les enseignants font de leur mieux»

Cette enseignante parle aussi d’«un manquement au niveau de l’organisation. Ils annoncent des cours pour le Grade 8 et on se retrouve avec des programmes pour le Grade 7». De faire ressortir qu’il est important de prendre en considération que les élèves prennent des dispositions et ce manquement peut vite être source de confusion tant pour les enfants que pour les parents. Elle fait aussi remarquer que le niveau lui semble assez faible et qu’il peut y avoir une amélioration si plus d’exercices pratiques sont proposés. Elle souligne, dans la foulée, que certaines émissions étaient bien maîtrisées. Et dit espérer que ce problème sera vite réglé pour les prochaines sessions. «Restons positifs !»

Sollicité, Om Varma, directeur du MIE, concède qu’il y a quelques manquements au niveau des cours. Il rappelle que la mise en place des 100 vidéos a dû être faite en une semaine seulement. «Nous avons fait assez vite et n’avons pas eu le temps de revoir.» Quant aux animations, «nous ne pouvons pas faire autrement, la situation est difficile. Nous ne pouvons pas exiger cela des enseignants. Ils font de leur mieux». Qu’en est-il des fautes grammaticales ? «Il va de soi qu’il faut faire confiance aux enseignants avec plusieurs années d’expérience qui ont travaillé sur les différentes leçons», répond-il.

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