Covid-19: mon dimanche de Pâques en confinement

12 avril 2020

Covid-19, Pâques

Le Cardinal Maurice Piat a officié la messe de la veillée pascale samedi 11 avril, à la chapelle de l’évêché. Les pères Jean-Maurice Labour et Jacques-Henri David en étaient les concélébrants.

L’oreille collée à la radio, Jeddy Baptiste n’a pas perdu une miette de la messe diffusée à 6 heures, ce dimanche 12 avril, sur les ondes de Cool FM. Une messe que, comme lui, de nombreux Mauriciens de foi chrétienne n’ont pas manquée. Cette année, impossible pour eux de se rendre à l’église pour célébrer la Pâques en communauté, le pays étant en confinement en raison du Covid-19.

Pas de grandes célébrations ni de réunions familiales ou entre amis cette année. C’est dans la simplicité que les catholiques, confinés chez eux, célèbrent la résurrection du Christ, la plus importante fête du christianisme. Jeddy Baptiste a pris le parti de ne pas s’en plaindre. «Je vais me contenter du strict minimum, entouré des gens que j’aime.»

Cela fait quelque temps déjà qu’il ne peut plus se rendre à la messe de Pâques à cause de son travail. Ce natif de l’île Rodrigues, âgé de 29 ans, travaille dans le secteur hôtelier. Il est chanteur. «Cela ne veut pas dire que j’ai mis de côté ma religion.» L’habitant de Moka, qui se décrit comme «quelqu’un de très pieux», raconte qu’il suivait la messe en direct et qu’ensuite il se rendait au travail.

Covid-19, Pâques

Selon Jeddy Baptiste, le Covid-19 a permis de comprendre l’importance de la famille.

Lorsqu’il était à Rodrigues, les choses étaient bien différentes. «Dès l’enfance, ma famille s’est assurée que nous ne rations jamais la célébration de la Pâques», confie Jeddy Baptiste. Ainsi, chaque dimanche, «nous nous rendions à la messe». Le chanteur poursuit qu’à l’époque, la Pâques se fêtait en famille. «On préparait un déjeuner à la maison après la grande messe.» Aujourd’hui qu’il se retrouve confiné, le jeune homme a su tirer un enseignement de cette période difficile que traverse l’humanité tout entier. «Je dois dire que le Covid-19 apporte un avantage, celui de se retrouver et apprendre les valeurs de la famille.»

L’importance de la famille, c’est une leçon qu’a, elle aussi, apprise Laura Moonsamy, éducatrice au sein d’un collège de la capitale. Comme de nombreux Mauriciens, chaque année pour Pâques, elle se réunissait en famille autour d’un repas, après la messe. «D’habitude, avec ma famille, nous allons tous chez ma grand-mère, elle a 91 ans cette année», relate la jeune femme de 29 ans. L’habitante de Pointe-aux-Sables indique qu’à cette occasion, chaque membre de la famille prépare un plat et emmène des boissons pour marquer l’événement. «Après le dîner, ma grand-mère à l’habitude de nous chanter une belle chanson pour nous bénir.» Selon la mère de famille, c’est dans un esprit de partage et une ambiance de fête que toute la famille se réunit. «Rien que d’y penser, cela me rend triste.»

Covid-19, Pâques

D’habitude pour Pâques, Laura Moonsamy et sa famille se réunissent chez sa grand-mère.

Laura Moonsamy compte toutefois utiliser les réseaux sociaux ainsi que les outils de communication tels que WhatsApp et Messenger pour être en contact avec les membres de sa famille. «Cela m’a fait réaliser combien ma famille est importante. Et que ces petits moments de fête, que je considérais comme normal, ont énormément de valeur.»

Pour Warren Dholah, cette année sera la plus simple des célébrations qu’il ait connues. Il regrette de ne pas pouvoir se rendre à la messe pascale, comme chaque année. L’habitant de Plaisance, Rose-Hill, a certes prévu un repas, mais en l’absence de ses proches, la célébration de Pâques lui semble bien fade.

A noter que le message traditionnel de Pâques du Cardinal Maurice Piat sera diffusé sur la MBC 1 à 20 h 20.

Messes sur les réseaux sociaux : le nombre de fidèles a-t-il augmenté ?

Avec le confinement, l’Eglise catholique a été contrainte de s’adapter. En sus de proposer aux paroissiens des prières et l’Evangile en pdf, des messes ont été officiées en direct sur les réseaux sociaux. 2 000, 4 000 et parfois plus de 8 000, tel est le nombre de vue de ces vidéos. La question se pose : les réseaux sociaux et ces divers moyens de communication ont-ils mené à une augmentation du nombre de fidèles ?
Géraldine Bontemps confie d’emblée que même avant le confinement, elle ne se rendait pas forcément à l’église, son travail occupant une bonne partie de son temps. Mais cette année, confinement oblige, «c’est la première fois depuis plus de six ans que j’ai suivi la messe des rameaux». Celle-ci a été diffusée sur les réseaux sociaux.
Audrey Mallet déclare, elle, n’avoir manqué aucune messe depuis qu’elle est confinée. «Les vidéos des messes ou encore des temps de prière sont publiés sur les réseaux après le live. Donc même si je suis occupée au moment du direct, j’ai l’occasion de me rattraper», déclare l’habitante de Terre-Rouge. Elle s’en réjouit.
Reste que, un vrai croyant n’espère pas que l’église vienne à lui, martèle Stephane Perrine, qui est enfant de choeur. «Je n’ai rien contre ceux qui suivent les messes en  direct mais est-ce qu’ils vont se donner la peine de se rendre dans un lieu de culte après le confinement ? Personnellement, je n’ai pas vraiment suivi les messes en ligne mais ce n’est pas pour cela que je n’ai pas prié.»
La jeune Kimberly Wade, qui se dit très pieuse, est du même avis que lui. Elle explique avoir vécu son carême en menant une vide de prière. «Comme les églises sont fermées, j’ai gardé une vie de prière toute en jeûnant et en me recueillant. Cela ma permis de me tourner encore plus vers dieu.» Il est faux, insiste-t-elle, de dire que les messes sur les réseaux sociaux ont encouragé plus de jeunes à se tourner vers la religion. Soit on est pieux, soit on ne l’est pas.

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