[Covid-19] L’école à la maison pour les tout-petits: mode d’emploi

10 avril 2020

Covid-19, confinement, éducation, préscolaire

Une semaine déjà que les cours à distance ont commencé pour les écoliers sur quatre chaînes de la Mauritius Broadcasting Corporation. Et ceux de la maternelle alors ? Selon la ministre de l’Education, Leela Devi Dookun-Luchoomun, qui intervenait le 1er avril, le ministère planche toujours sur un programme à leur intention. Mais des écoles préscolaires n’ont, elles, pas attendu pour assurer la continuité pédagogique des enfants en bas âge. Mode d’emploi.

À la maternelle, la tâche principale est l’apprentissage des langues. Il s’agit d’inspirer la curiosité et d’apprendre tout en s’amusant. L’enfant doit exercer sa motricité en coloriant, en dessinant, en faisant de la peinture et en apprenant les alphabets à travers des jeux. Karine explique que l’école, sise à Albion, que fréquente sa fille de trois ans a créé un groupe WhatsApp parents-enseignants depuis l’an dernier. Les enseignantes envoient à tour de rôle des devoirs, dont des comptines, que les parents doivent par la suite expliquer aux enfants. Pour cette semaine, les devoirs étaient focalisés sur la fête de Pâques et comprenaient, entre autres, collage, coloriage et peinture. De plus, les enseignants envoient un enregistrement d’une chanson, ce qui est une façon pour l’enfant d’assimiler les paroles.

L’implication des parents essentielle

La mère de famille, qui détient une formation en children services, concède qu’il est difficile de capter l’attention de sa fille. «Elle écoutera le début de la leçon, ensuite elle se laissera distraire. Elle répète tout ce qu’on apprend à son grand frère.» Selon Karine, les enfants en dernière année de maternelle peuvent apprendre les leçons de Grade 1 à la télé car ils seront amenés à reproduire ce qu’ils ont appris à la maternelle. De plus, elle avance que pour éduquer son enfant à la maison, il faut que les parents s’investissent. «L’enfant est une petite plante qu’on arrose tous les jours pour qu’elle grandisse.»

Dans une école préscolaire à Curepipe, les leçons s’échangent aussi sur la plateforme de messagerie WhatsApp. Les enseignants réalisent des vidéos sur comment reproduire les activités. Une mère de famille, qui parle sous le couvert de l’anonymat, indique même que l’institutrice qui anime l’assemblée du matin fait répéter la prière aux enfants. «Mon fils est très content de voir son enseignante en vidéo, donc il participe facilement», lance cette enseignante de collège. L’utilisation des vidéos, fait-elle valoir, est une façon de rester en contact avec l’enfant pour que ce dernier ne perde pas ses repères.

Puisque son fils est en première année de maternelle, ses devoirs consistent surtout à faire des dessins, marcher sur une ligne droite en faisant des grands et des petits pas, ainsi qu’identifier des formes avec les ustensiles de cuisine. Notre interlocutrice indique que les devoirs sont envoyés trois fois par semaine, et il y a plusieurs activités par jour. Pour faciliter son apprentissage, elle fait aussi jouer des sessions de Zumba sur Youtube. Toutefois, précise-t-elle, ce n’est pas parce qu’elle est prof qu’il est plus facile pour elle d’enseigner à son fils, bien au contraire. «Il arrive que mon enfant me dise que je ne suis pas son professeur !»

Donner des repères aux enfants

Courriel électronique et visioconférence. Ce sont les deux méthodes que privilégie cette école préscolaire sise à Quatre-Bornes. Une institutrice indique que les échanges avec les parents se font par courriel électronique. Les devoirs et activités sont envoyés en début de semaine et deux jours sont prévus pour la visioconférence. «Nous ne voulons pas que l’enfant se sente perdu à la rentrée des classes. Pendant la visioconférence d’une heure, nous animons des danses et des chants avec les petits. Ils sont excités et leur manque de ne pas être à l’école se fait sentir», fait-elle part. Bien que les enseignants aient discuté du travail à faire en classe, en ce moment ce sont les parents qui aident les enfants à le faire à la maison.

Dans une autre école préscolaire privée à Moka, une plateforme établie est utilisée pour toutes les classes. Chaque enfant a accès à sa classe en ligne ; des vidéos y sont publiées pour la semaine entière, ainsi que des activités qu’il peut faire chez lui, accompagné de ses parents. Une institutrice donne l’exemple d’une histoire sur YouTube ; après l’avoir visionnée, les élèves doivent dessiner leur personnage préféré ou une partie de l’histoire. Pour les mathématiques, ce sont des activités pour identifier les formes. L’école travaille aussi sur les gross and fine motor skills tout en gardant en tête qu’il y a beaucoup de parents qui travaillent de chez eux. «Nous ne voulons pas alourdir leur charge de travail.»

confinement | covid-19 | éducation | préscolaire



Les plus lus

Coronavirus: un renvoi des Jeux olympiques de Tokyo pas à écarter

La tenue des Jeux olympiques de Tokyo, au Japon, semble compromise en raison de l'épidémie de coronavirus. Une décision...

Sa fille de 17 ans est enceinte d’un ado de 14 ans: les regrets d’une mère

A 17 ans seulement, cette adolescente s'apprête à devenir mère. Le futur papa n'a, lui, que 14 ans. Une situation que re...

Phénomène J: le Mauricien qui chante l’amour à Mayotte

Vous voulez envoyer une chanson d’amour à votre partenaire mais vous manquez d’idée ? Pas de souci. Phénomène J est là...

Confinement: chez les Sirop, on ne s’ennuie jamais !

Confinement rime avec routine, rime avec ennui ? Pas pour les Sirop. Avec Olivier, Odile et Christina Sirop, fous rires...

Coronavirus: le SOS des artistes qui ont perdu leur gagne-pain

  «Mo nepli kone si mo pou ena manze pou donn mo fami ban mwa ki pe vini…» Le musicien Serge Bhodoo est rongé...