[Covid-19] Absence de test: on joue avec le feu, dénonce un pompier

16 avril 2020

Covid-19, pompiers, dépistage

Bien qu’équipés de gants, masques, de gel lavant pour les mains et d’une combinaison spéciale, les pompiers en contact avec des patients positifs veulent être dépistés.

Ils ont repris le service ce jeudi 16 avril. Ces quatre pompiers avaient reçu l’ordre de s’isoler le jeudi 2 avril. La veille, ils avaient dû effectuer une intervention chez une septuagénaire testée positive au Covid-19. Or, à ce jour, ces soldats du feu n’ont subi aucun test de dépistage. Ce que déplore l’un de leurs collègues, qui s’est confié à Zordi.

Les faits remontent au 1e avril, à 22 heures. La caserne des pompiers de la capitale reçoit une requête pour escorter une ambulance au domicile d’une habitante de Roche-Bois, âgée de 71 ans. Elle est alors soupçonnée d’être porteuse du virus. «Ba’nn ponpie-la pa ti bizin fer rescue-la parski nou asiste zis SAMU, pa lanbilans», déplore notre interlocuteur.

Pas de médecin dans l’ambulance

Avant de se rendre sur place, les pompiers se sont équipés d’une combinaison spéciale de couleur blanche, de gants et de masques. Ils ne portaient toutefois pas de lunettes lors de cette intervention. «Se protéger avec une combinaison intégrale est essentiel, mais mes collègues n’avaient pas de lunettes pour se couvrir les yeux», explique-t-il. Il souligne également l’absence d’un médecin. «Il y avait un chauffeur et des helpers dans l’ambulance, mais aucun médecin.»

L’intervention a duré une quarantaine de minutes. Au domicile de la patiente, les pompiers étaient réticents à s’approcher d’elle car son fils avait été testé positif au nouveau coronavirus et la dame âgée ne portait ni gants ni masque. C’est à 23 heures que les pompiers ont regagné la station. Après avoir tout désinfecté et pris une douche, les quatre soldats du feu ont dormi dans la même pièce où se trouvaient 20 autres pompiers. Ce n’est que le lendemain, soutient notre interlocuteur, que l’ordre leur a été donné de s’isoler après que le test de la septuagénaire s’est révélé positif.

Le dépistage, une priorité

Ce pompier s’interroge. Comment se fait-il que ses quatre collègues n’aient pas subi de test de dépistage ? «Aucun test n’a été fait, absolument rien !» martèle-t-il. «Le mot isolement n’est pas le bon. Zot inn plito release sa kat ponpie-la. Inn dir kan enn dimounn gagn kontak direk ek enn pasian ki’nn teste pozitif bizin fer test toutswit», fait-il remarquer. Il n’en démord pas ; cette situation est «inacceptable». Sa brigade, dit-il, comprend 130 officiers. Et, insiste notre interlocuteur, «la priorité, c’est que ces quatre pompiers se fassent examiner avant de regagner le travail».

Nous avons sollicité la police, qui nous a fait comprendre que c’est du ressort du ministère de la Santé. Celui-ci est demeuré injoignable. Il s’avère toutefois, selon le protocole établi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), que toute personne qui estime avoir été en contact avec une personne testée positive, doit d’abord se mettre en isolement. «C’est uniquement lorsque la personne commence à dégager un symptôme qu’elle doit être immédiatement prise en charge», avait expliqué à Zordi Laurent Musango, le représentant de l’OMS à Maurice, dans un précédent article.

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