Confinement: le Motherhood Challenge ne fait pas l’unanimité

12 avril 2020

Covid-19, Motherhood Challenge, confinement

Mère et fière de l’être ? C’est, en tout cas, une maternité glorifiée que fait miroiter le Motherhood Challenge sur Facebook. Il s’agit de l’un des nombreux «challenge» qui inondent les réseaux sociaux depuis le début du confinement national, vendredi 20 mars. Un «challenge» qui a pris de l’ampleur dans le sillage du meurtre d’une fillette de 10 ans dont le corps a été retrouvé dans un champ de canne, à Quatre-Cocos. Mais le Motherhood Challenge est-il aussi inoffensif qu’il n’y paraît ?

Le principe du défi est simple. Il suffit de poster une photo de votre enfant lorsqu’il était un nourrisson et une autre à l’âge actuel, en donnant des détails sur sa naissance. Par la suite, la mère est invitée à taguer d’autres que l’on désigne comme de bonnes figures maternelles pour les inciter à en faire de même. Certaines se contentent également de publier une photo de leurs enfants, peu importe l’âge.

Honorer les mères

Isabelle Félicité a participé au Motherhood Challenge. Elle dit l’avoir fait pour partager son amour maternel avec ses amis sur Facebook. «À travers ce challenge, j’ai voulu montrer et dire au monde à quel point mes enfants sont importants à mes yeux. Mes enfants sont ma source de joie. Ils sont ma raison d’être. Sans eux, je n’aurais jamais su ce que le mot maman veut dire», confie l’habitante de Grand-Gaube.

Même son de cloche du côté de Nancy Brune. Elle souligne qu’elle a participé à ce challenge pour honorer les mères. Etre maman, concède-t-elle, n’est pas toujours facile. Il n’empêche, témoigne la jeune femme, que «mon enfant est toute ma vie. Elle est mon rayon de soleil, ma joie de vivre. Lorsque je l’ai prise dans mes bras pour la première fois, j’ai eu le sentiment de revivre». Mary Jane Raboude-Nombro avance, elle, avoir participé au Motherhood Challenge car toutes les mamans de son entourage le faisaient. Il s’agit, dit-elle, d’une belle manière de montrer l’amour maternel.

Pas bénéfique à l’enfant

Reste que ce défi n’est pas au goût de tous. Audrey Sanasee met en avant les conséquences dangereuses de ce challenge. «Exposer ses enfants sur le net peut encourager la pédophilie. Nous ne savons pas qui se cache derrière les écrans», fait remarquer cette infirmière.  Sophie Marday est du même avis ; elle souligne le manque de considération envers les femmes qui ne peuvent enfanter. «Ce challenge pourrait créer un malaise auprès des femmes sans enfant. Nous devons prendre en considération leurs sentiments», insiste-t-elle.

Zordi a sollicité l’avis du sociologue Ibrahim Koodooruth sur la question. Et lui aussi rappelle que le Motherhood Challenge n’est pas sans conséquence. «Ce type de challenge n’est pas bénéfique pour l’enfant qui est exposé sur Internet sans son consentement.» De plus, ajoute-t-il, «cela pourrait créer un stress chez les femmes qui ne peuvent pas enfanter. Mais aussi celles qui ne peuvent pas participer à ce challenge pour diverses raisons». Il fait ressortir, dans la foulée, que le Motherhood Challenge ne s’arrête pas uniquement aux mères, mais englobe tout un environnement qui peut être affecté par une trop grande exposition.

Ode aux mères ou glorification outrancière de la maternité ?

C’est en 2016 que le Motherhood Challenge a fait son apparition sur Facebook, faisant rapidement le tour du monde. Contrairement à certains autres défis, celui-ci peut sembler plutôt inoffensif. Sauf que les critiques ont été nombreuses, voire virulentes. La glorification de la maternité est vue d’un mauvais oeil, les détracteurs rappelant qu’une bonne majorité des mères à travers le monde ne se sentent pas à la hauteur et luttent au quotidien pour pouvoir élever leurs enfants. D’autres voient dans le Motherhood Challenge une certaine suffisance entourant la figure maternelle idéale.

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