Cancer du sein: la leçon de courage de Chantal Théotis

6 mai 2020

Chantal Théotis, cancer du sein, SMP

Chantal Théotis se bat contre le cancer du sein depuis l’année dernière.

«Si ou feb dan lespri, ou maye.» Des moments de doutes, des moments de désespoir, elle en a eu. Chantal Théotis, 59 ans, a même sombré dans la dépression. Mais aujourd’hui, elle est bien déterminée à vaincre son cancer du sein.

C’est en juillet 2019 que le diagnostic tombe. L’habitante de Rose-Hill souffrait alors de vertiges, de nausées, de saignements du nez. En palpant son sein, elle sent une petite boule. Inquiète, elle se rend à l’hôpital. Lorsque le médecin lui annonce la nouvelle, Chantal Théotis est anéantie. «C’était comme si le temps s’était arrêté…» Des questions la taraudent. «Kouma mo’nn gagn sa ? Kifer mwa ? Kouma mo pou fer ?»

Cela lui prendra du temps pour accepter la maladie. Chantal Théotis tient bon grâce au soutien de ses proches. «Bondie inn met mo ti zanfan e mo konpanion dan mo lavi pou soutenir mwa.» Elle subit deux opérations. «On m’a enlevé le sein.» S’ensuit la chimiothérapie ; Chantal Théotis souffre de douleurs, de nausées, de malaises. «Il me reste encore deux séances de chimio à faire, sans compter la radiothérapie.»

«Je crois aux miracles»

Les épreuves de la vie, Chantal Théotis n’y est pas étrangère. A 51 ans, elle a vu son monde s’écrouler une première fois. Elle a perdu son fils unique dans un tragique accident survenu le 26 août 2012. Il avait 30 ans. «Il a emporté avec lui une partie de mon cœur. Je n’avais aucun goût à la vie.» Mais Chantal Théotis puise du courage tout au fond d’elle. Elle se devait de tenir le coup pour sa petite-fille qui n’était alors qu’un bébé ; elle a sept ans aujourd’hui. «Depuis la mort de mon fils, ma petite-fille a comblé ce vide.»

Sa foi lui est aussi d’un grand secours. «Dieu m’a donné la force pour je sois un témoin de vie, une combattante. Aujourd’hui, je suis reconnaissante envers Dieu car j’ai repris goût à la vie. Même quand je me sens épuisée par la maladie, je n’abandonne jamais. Il faut toujours croire que l’on vaincra cette maladie. C’est possible. Je crois aux miracles.»

Elle peut aussi compter sur la présence bienveillante des bénévoles de l’ONG Solidarite Marye Pike. C’est au cours d’une conversation avec une amie que Chantal Théotisa apprend l’existence de l’ONG. Cette année, elle s’est enregistrée. «Avant le confinement, j’ai reçu la visite d’un médecin à domicile à deux reprises et j’ai eu des médicaments.»

«Il faut vivre pleinement dans l’instant présent»

Depuis le couvre-feu sanitaire, Chantal Théotis fait partie de ceux qui sont accompagnés par les bénévoles de l’ONG régulièrement. La distribution d’un repas chaud s’effectue à 16 heures deux à trois fois par semaine. Des liens se sont tissés avec les bénévoles. Ces petites attentions lui ont permis de voir la beauté de la vie malgré les épreuves. «La relation humaine apaise ma souffrance.»

Aujourd’hui, Chantal Théotis trouve du plaisir dans les choses simples. Faire de la couture, jardiner, regarder la télé… «Kan mo fit, kan mo bien mo fer li, malgre ki mo fatig vit.» La maladie lui a surtout fait réaliser que nous sommes tous mortels. «On doit savoir vivre les uns avec les autres. Je passe du temps avec mon conjoint et ma petite-fille et cela me suffit. Il faut vivre pleinement dans l’instant présent.»

cancer du sein | Chantal Théotis | SMP



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