Brutalité policière alléguée: «Injuste de nous mettre tous dans le même bateau»

28 mars 2020

brutalité policière, police, SMF, Covid-19

Diverses unités de la police ont fait une descente musclée à Résidence Vallijee, mardi 24 mars.

Une arrestation à ce jour. Celle d’un policier de 24 ans affecté au poste de Bain-des-Dames. D’autres ne sont pas à écarter dans le cadre de l’enquête sur les allégations de brutalité policière. Cela, suivant des vidéos en circulation sur les réseaux sociaux montrant une descente musclée à Résidence Vallijee, mardi 24 mars. Au sein des différentes unités de la police, et notamment la Special Mobile Force, cette affaire est diversement commentée. 

«La colère et l’indignation qu’ont suscitées les vidéos en circulation sont tout à fait compréhensibles», déclare Julien Pierre qui fait partie de la SMF. L’enquête déterminera l’authenticité de ces vidéos et les «éléments indésirables», selon le commissaire de police, Mario Nobin, seront sanctionnés. Julien Pierre demande toutefois aux citoyens Mauriciens de ne pas filmer. «N’utilisez pas vos smartphones pour filmer lors des interventions policières pour ensuite partager sur les réseaux sociaux. Surtout si cela pourrait discréditer l’image de notre île au niveau international.»

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Julien Pierre, qui est membre de la SMF, demande la coopération des Mauriciens en ce temps de confinement.

Ce membre des forces de l’ordre rappelle que l’objectif premier est de protéger la population contre cet ennemi invisible qu’est le Covid-19. «Nous luttons tous contre un ennemi redoutable. Nous devons travailler en équipe, souligne Julien Pierre. Je fais référence aux services essentiels et bien évidemment à tous nos citoyens.» Raison pour laquelle il exhorte la population à se plier aux consignes des autorités. Julien Pierre affirme que la police sera sans pitié envers les contrevenants. «S’il vous plaît, restez chez vous et ne sortez pas.»

Private Military Contractor, Jean Bruneau Laurette fait remarquer qu’en cette période de confinement, tout le monde est sous tension et est confronté à une certaine pression. «Mais nous devrions tous nous concentrer sur l’ennemi numéro un, qui est le Covid-19», insiste-t-il. L’homme de 46 ans, qui est, lui, habitué au confinement lors des camps d’entraînement, concède que la population mauricienne n’y est pas préparée. D’où la difficulté de certains à respecter les règlements, d’autant que le confinement leur a été imposé du jour au lendemain. Toujours est-il qu’«il nous faut travailler en équipe et il faut un respect entre chacun de nous».

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Jean Bruneau Laurette évoque, lui, le fait que les Mauriciens n’ont pas été préparés au confinement.

Un autre membre de la SMF, qui a lui requis l’anonymat, évoque les conditions de travail de la police en cette période. S’il condamne tout usage de la violence et parle de sanctions si cela s’avère nécessaire, il fait remarquer que les éléments des forces de l’ordre sont soumis à une grande pression actuellement. D’ailleurs, là où il est posté, «bann-la gagn ner». Il avance du reste avoir toujours veillé à la sécurité des citoyens. «C’est injuste de vouloir tous nous mettre dans le même bateau.»

DIS-MOI demande que les fautifs soient rapidement sanctionnés

Dans un communiqué, jeudi 26 mars, l’ONG DIS-MOI (Maurice) a réagi aux allégations de brutalité policière. L’organisme rappelle que «même en situation d’urgence notre pays est régi par un système de droit». Et que l’article 2 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants stipule qu’«aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre ou de menace de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture».
Pour l’ONG, il est primordial que les Mauriciens aient confiance et respectent nos institutions, dont la police. Raison pour laquelle elle demande que «les auteurs des actes de torture soient traduits devant une cour de justice dans les plus brefs délais afin qu’ils soient jugés pour ces actes insensés et barbares». 
DisMoi

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