Un fossé entre la production d’énergies fossiles et les objectifs climatiques

22 novembre 2019

Les prévisions de production de charbon, de pétrole et de gaz dans le monde sont incompatibles avec les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Selon un rapport publié cette semaine, pour 2030, elles sont 50 % trop élevées pour ne pas dépasser 2 °C de réchauffement et 120 % trop pour le limiter à 1,5 °C. Ces estimations sont le fruit d’un travail inédit de plusieurs organismes de recherche, avec le soutien du Programme des Nations unies pour l’Environnement.

«Ce rapport montre, pour la première fois, l’ampleur de la déconnexion entre les objectifs de l’Accord de Paris, les plans nationaux de réduction d’émissions et les politiques de production de charbon, de pétrole et de gaz», indique Michael Lazarus, l’un des principaux auteurs. Les scientifiques se sont appuyés sur les projections nationales de 10 pays-clés : les sept principaux producteurs d’énergies fossiles (Chine, États-Unis, Russie, Inde, Australie, Indonésie et Canada) ainsi que l’Allemagne, la Norvège et le Royaume-Uni.

Les énergies fossiles représentent toujours 80 % de l’énergie primaire mondiale, tandis que les acteurs du secteur continuent à investir massivement. Elles contribuent à 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, qui ne baissent pas. «Malgré plus de deux décennies de politique climatique, les niveaux de production d’énergies fossiles n’ont jamais été aussi élevés», relève Mans Nilsson, directeur du Stockholm Environment Institute et co-auteur du rapport.

Pour illustrer le chemin à parcourir, les auteurs parlent de «production gap», c’est-à-dire du fossé existant entre les prévisions de production et les niveaux compatibles avec un réchauffement limité à 1,5 ou 2 °C. Le «production gap» le plus marqué concerne le charbon : la production prévue en 2030 excède de 150 % le niveau compatible avec l’objectif de 2 °C et de 280 % avec l’objectif de 1,5 °C.

À Paris en 2015, les pays du monde entier se sont engagés à appliquer des plans de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Cet accord vise à maintenir l’augmentation moyenne de température sur la planète «bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, et autant que possible à 1,5 °C pendant le 21e siècle». Mais les promesses cumulées des 195 États signataires conduiraient vers une hausse de plus de 3 °C. Aussi, l’accord prévoit-il qu’ils revoient leurs ambitions d’ici fin 2020. La prochaine conférence des Nations unies sur le réchauffement climatique (COP25) aura lieu du 2 au 13 décembre à Madrid, en Espagne.

©Agence France-Presse



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