Lalita Purbhoo Junggee, une femme inspirée et inspirante

8 mars 2020

Lalita Purbhoo Junggee, Journée internationale des femmes, Eco Hustle Co. Ltd, Recycle-Moi, Sakili

Lalita Purbhoo Junggee est la fondatrice et directrice d’Eco Hustle Co Ltd, qui propose les marques écologiques Recycle-Moi et Sakili.

S’il y a bien une chose qui motive Lalita Purbhoo Junggee, c’est relever des défis. «Cela me procure une montée d’adrénaline et me permet de donner le meilleur de moi-même», déclare la femme entrepreneur de 31 ans. Fondatrice et directrice d’Eco Hustle Co Ltd, elle a trouvé le succès dans les produits écologiques. «J’aspire à être numéro un dans mon secteur d’activité», lâche-t-elle, déterminée.

Un mélange de détermination et de simplicité ; voilà qui définit assez bien Lalita Purbhoo Junggee, mère de deux enfants. Son entreprise propose deux marques écologiques, Recycle-Moi (des serviettes hygiéniques naturelles et biodégradables) et Sakili (sacs de recyclage faits de panneaux et bannières usagés). Le couple qu’elle forme avec Nazeem Junggee, fondateur de 1950 Design & Print Co Ltd, a développé une grande conscience écologique. La petite famille a pris des habitudes simples qui ont rendu leur style de vie plus écologique et leur ont permis de réduire leurs dépenses. Et c’est cette conscience écologique que la femme d’affaires veut encourager chez les Mauriciens en les incitant à adopter les produits recyclables.

Projet personnel

«Recycle-Moi était au départ un projet personnel visant à résoudre un problème que je rencontrais avec les tampons ordinaires que j’utilisais», révèle-t-elle. Il y a trois ans, lors d’un voyage en Inde, Lalita Purbhoo Junggee trouve des serviettes hygiéniques naturelles d’environ 3 cm d’épaisseur confectionnées avec du coton. Ces serviettes hygiéniques naturelles ont été les premières qu’elle utilisaient.

La femme entrepreneur est convaincue que ce produit pourrait être commercialisé à Maurice. Le hic, c’est qu’une serviette hygiénique d’une telle épaisseur ne convient pas au marché local. «J’ai dû adapter le produit en prenant en compte le contexte local, le rendant ‘premium’, c’est-à-dire plus mince avec un avantage supplémentaire qui est la partie biodégradable.» Ses produits d’hygiène féminine sont, en effet, respectueux de l’environnement, souligne Lalita Purbhoo Junggee.

Le marque Sakili a, quant à elle, été lancée en 2017 après un constat de son époux. Nazeem Junggee réalise, en effet que son entreprise 1950 Design & Print, spécialisée dans l’impression numérique grand format (panneaux d’affichage et bannières), produit beaucoup de déchets. C’est ainsi que le couple décide de recycler les déchets publicitaires en les transformant en sacs.

Recycle-Moi et Sakili se positionnent aujourd’hui comme des «eco-marques». Sakili a déjà été lancée sur le marché régional. L’objectif à court terme est la croissance organique sur le marché local et, à long terme, d’installer les deux marques sur les marchés régionaux et internationaux.

L’inspiration se trouve partout

Lalita Purbhoo Junggee explique que l’inspiration se trouve partout, de l’innocence de sa fille, à sons sens de l’humour sarcastique. Il y a aussi les textes de son écrivain préféré. «J’ai vécu une expérience horrible qui a changé ma perception de la vie. Il y a quelques mois, on m’a dit que j’avais un cancer alors qu’il s’agissait d’une endométriose. J’ai atteint la quatrième étape de cette maladie, ce qui signifie qu’elle est incurable», révèle-t-elle.

La femme entrepreneur raconte qu’elle avait presque tout abandonné en apprenant, en novembre dernier, que sa maladie était incurable. Elle a cependant décidé de surmonter ce terrible coup du sort et d’en faire une force. «J’ai réalisé que la vie est très courte et je ne veux rien manquer. Nous rencontrons tous des hauts et des bas.»

Son plus grand soutien est sa famille et son époux. Lalita Purbhoo Junggee aspire d’ailleurs à passer plus de temps avec sa famille et ses amis, ainsi qu’avec Chikka, son berger allemand.

 

«Les initiatives que nous prenons peuvent avoir un impact»

Quelles sont vos sources de motivation?

Les miennes continuent de changer. J’essaie de m’adapter autant que possible, puisque nous vivons dans une société qui évolue rapidement. Cela dit, certains jours, ma motivation peut venir du désir de ma fille de voyager quelque part. Parfois, ce sont les mots gentils de mon fils. Il trouve toujours les mots qui m’encouragent à continuer. D’autres fois, c’est juste la nourriture ! Je suis une grande gourmande et j’ai ressens beaucoup de motivation simplement en mangeant de la bonne nourriture. Je dirais que je tire mes motivations du bonheur que je reçois de ma famille.

Pensez-vous que les Mauriciens adopteront les produits recyclés?

Nous vivons dans une ère technologique et chaque section de la société est connectée au monde. Je crois que nous sommes une nation intelligente et les Mauriciens sont de plus en plus conscients des enjeux écologiques, en particulier la jeune génération. Tout le monde peut apporter de petits changements simples qui s’additionnent pour faire une grande différence. À la maison et dans notre communauté, les initiatives que nous prenons peuvent avoir un impact. Bientôt, de petits changements forment de nouvelles habitudes qui profitent non seulement à notre environnement, mais aussi à notre santé et à notre portefeuille.

Si vous étiez ministre de l’Environnement, quelles mesures prendriez-vous en faveur de l’écologie?

Je serai très prudente car je ne veux pas avoir de problème avec le ministre nouvellement élu ! Si j’étais à sa place, je commencerais probablement par mettre en place des règles de triage obligatoires et une législation sur le recyclage des déchets. Le triage des déchets se ferait en quatre catégories : les déchets humides (déchets alimentaires ménagers), les déchets secs (déchets résiduels), les déchets recyclables et les déchets dangereux.

Il en irait de même pour les entreprises et les particuliers. Ceux qui ne trient pas correctement leurs déchets se verraient infliger une amende. Celle-ci serait plus lourde pour les entreprises.

Ce ne sera pas une tâche difficile dans cette ère numérique dans laquelle nous vivons. Honnêtement, je ne pense pas que ce sera une tâche compliquée pour les Mauriciens de s’adapter au système de tri des déchets. Nous pouvons avoir des moyens faciles d’apprendre ; des applications qui permettent aux utilisateurs de rechercher dans leur corbeille. L’application reconnaît les déchets en utilisant la réalité augmentée, l’identification d’image ou des informations textuelles, puis aide l’utilisateur à identifier la bonne catégorie pour l’élimination appropriée de chaque déchet.

En plus de la législation sur le recyclage, je prendrais également des mesures pour traiter les déchets non recyclables d’une manière plus respectueuse de l’environnement. Actuellement, nous comptons sur la mise en décharge comme un méthode d’élimination. Cette méthode simple a non seulement une capacité limitée à traiter le volume croissant de déchets, mais crée également une pollution néfaste. Fondamentalement, cette législation pourrait apporter des changements qui mèneraient éventuellement à la réforme de l’industrie des déchets et du recyclage.

Votre citation préférée?

Si tout semble sous contrôle, vous n’allez pas assez vite, par Mario Andretti, un ancien pilote de course.

Eco Hustle Co Ltd | Journée internationale des femmes | Lalita Purbhoo Junggee | Recycle-Moi | Sakili



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