Etudiants en agriculture: l’entrepreneuriat comme planche de salut

6 mars 2020

agriculture, emploi, SME Mauritius, entrepreneuriat

Lors d’un Job Fair à l’université de Maurice en février, des étudiants de la Faculté d’agriculture avaient déploré l’absence de représentants de ce secteur.

C’est Michaël Pompeia, Head of Strategy and Communication à SME Mauritius, qui le dit. «Ce ne sont pas les opportunités qui manquent aujourd’hui. Il faut tout simplement trouver le bon filon.» Pas sûr toutefois que des étudiants, notamment ceux de la Faculté d’agriculture, soient d’accord avec lui. Ces derniers ont d’ailleurs déploré, lors du récent Job Fair organisé à l’université de Maurice par Careerhub, l’absence des représentants de ce secteur.

Pour des étudiantes comme Christabelle Dardenne, c’est un véritable parcours du combattant pour intégrer une société dans le domaine agricole. Elle révèle que l’agriculture n’est pas forcément un domaine qui l’intéressait au départ. «Je m’étais inscrite à d’autres cours. La filière agricole n’était pas mon choix premier.» Pourquoi alors avoir opté pour ce domaine ? «Je ne voulais pas perdre un an. Et au fil des cours, j’ai commencé à aimer la filière.»

Deux ou trois diplômés sélectionnés

Christabelle Dardenne ne cache toutefois pas son inquiétude quant à son avenir. «Je ne sais pas quel emploi j’aurais après mes études», dit-elle. Il y a certes des entreprises et des institution gouvernementales qui recrutent dans la filière agricole. Le problème, souligne l’étudiante, «c’est que ce ne sont que deux ou trois jeunes diplômés qui sont sélectionnés».

Nishi Gooransing, une autre étudiante dans la filière agricole, explique avoir porté son choix sur l’Animal production & Health car cela se rapproche de l’univers animal. «J’aime les animaux et j’étais super intéressée par les études dans le domaine vétérinaire», déclare-t-elle. Au contraire de Christabelle Dardenne, l’étudiante sait quelles sont les perspectives de carrière qui s’offrent à elle. Devenir Animal Technician ou assistante vétérinaire lui semble évident.

Néanmoins, Nishi Gooransing concède que le marché du travail est limité en termes de perspectives d’emploi pour les jeunes diplômés en agriculture. «Ce secteur est vraiment restreint à Maurice, mais concernant les animaux, il y a une fine possibilité d’emploi au sein des grands groupes.»

Plus d’accent sur la création d’entreprise

Devant le manque de débouchés, comment alors s’en sortir ? Christabelle Dardenne a déjà une petite idée. «Il faudrait mettre plus d’accent sur la création d’entreprise pendant les cours, parce que cette filière mène plus vers la création d’une PME après les cours», fait-elle valoir.

Du côté de SME Mauritius, Michaël Pompeia explique qu’il y a plusieurs plans d’aide disponibles pour les différents secteurs d’activité. Plusieurs opportunités s’offrent aux jeunes à travers l’Agro-processing plant de la SME Mauritius. L’objectif étant de stimuler l’esprit entrepreneurial des étudiants des universités mauriciennes et aider les différentes industries.

Le Head of Strategy and Communication est d’avis que «les jeunes doivent plus se frotter à l’industrie et comprendre les problèmes que rencontre celui-ci afin de trouver des solutions. Que ce soit en tant qu’employé ou comme une personne qui fera germer un business grâce à cette solution». Le job principal de SME Mauritius est d’aider ces jeunes désireux de créer leurs propres entreprises.

Il n’empêche que «le financement reste un problème et la SME Mauritius n’est pas une banque», précise Michaël Pompeia. Les jeunes entepreneurs en devenir peuvent toutefois bénéficier de conseils à la préparation de dossier à soumettre à la banque. Il existe aussi des plans d’aide comme la création d’un site web pour démarrer une entreprise.

Michaël Pompeia insiste. Les opportunités sont présentes pour les jeunes, mais il faut qu’ils s’ouvrent vers «les marchés niches ou travaillent en collaboration avec les grandes sociétés».

Ces secteurs qui emploient

L’IT, l’administration, la finance et la comptabilité, l’hôtellerie, les ressources humaines… Les perspectives d’emploi sont nombreuses dans ces secteurs, explique Safiyah Dauhoo, Talent Researcher and Employer Branding Advisor chez Careerhub. D’ajouter que la demande pour des stagiaires est aussi importante du côté des employeurs.
Les profils recherchés devront détenir soit le Higher School Certificate soit un diplôme ou une licence. «Ces qualifications académiques ainsi qu’une expérience précédente seraient un réel atout dépendant du profil, soutient Safiyah Dauhoo. Mais pour enrichir tout cela, il est primordial pour le candidat d’être motivé et dynamique.»
Selon les chiffres compilés par Careerhub, le secteur de l’IT est le plus gros recruteur actuellement, avec 25 % des demandes pour des recrues. D’ailleurs, il y a eu une hausse d’environ 10 % des demandes venant des employeurs de ce secteur, précise Safiyah Dauhoo. Il en est de même pour le secteur du tourisme, surtout avec l’émergence de nouveaux métiers tels que majordome.

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