Entrepreneuriat: Axel profite du confinement pour lancer Korek Sa

2 juin 2020

Axel Surette, entrepreneuriat

Axel Surette fait même des livraisons à domicile à bicyclette lorsque ce n’est pas trop loin de chez lui.

On aura beau se plaindre du confinement. De trouver le temps long. N’empêche que cette période a été l’occasion pour certains de se mettre à leur propre compte. C’est le cas d’Axel Surette, 26 ans. Il se consacre depuis le 15 mai à sa marque Korek Sa. Le concept ? «Ou pa kone ki pou kwi, ou pa anvi kwi, be korek sa.»

Mais avant d’en arriver là, il lui aura fallu de longues heures de travail et de formation. L’apprentissage débute à la Beachcomber Training Academy, où il s’enregistre pour un National Certificate 3 Food Production. Ses premiers pas dans la cuisine du Paradis Hotel s’annoncent comme un rappel à la dure réalité. «Le premier jour, un des chefs m’a dit que je n’allais pas tenir plus de trois mois et que je n’avais pas l’étoffe», se souvient-il.

C’était mal le connaître. «Les responsables ont par la suite constitué plusieurs groupes et j’ai été dirigé dans la section hors-d’oeuvre pendant quatre mois.» Axel Surette se fait vite remarquer par les chefs. Le hasard le conduira au Shandrani Hotel, qui était à court d’effectif. «Cela a été une autre expérience, les cartes étaient différentes.» Son passage au Shandrani Hotel fait bonne impression, tant et si bien que le chef de cuisine lui propose un poste de cuisinier alors qu’il est encore en stage. Il bute cependant sur le refus du chef exécutif du groupe et retourne ainsi poursuivre sa formation.

La compagnie qu’a aujourd’hui fondée Axel Surette, grâce aussi au soutien de sa famille et de son ami Steeve, est le fruit de longues heures de travail, de découragement, de persévérance. L’idée lui trotte dans la tête depuis janvier 2020. «J’avais pris de l’emploi fin 2019 dans une cuisine à Quatre-Bornes et je m’occupais en parallèle de Korek Sa. C’était fatigant.»

«J’étais chaud patate !»

Avec la propagation de la Covid-19, Axel Surette se retrouve deux mois sans travail. Malgré les doutes, il décide de foncer. «J’étais chaud patate !» Après quelques difficultés, il obtient son Work Access Permit le 15 mai. Etant le seul cuisinier, ses journées commencent très tôt. «Je me réveille à six heures du matin et je termine tous les jours à 23 heures. Je dois moi-même sortir pour acheter les ingrédients dans les grandes surfaces. Comme je viens de démarrer, je n’ai aucun contact avec les gros fournisseurs. L’argent que génère Korek Sa est donc essentiellement investi dans l’achat de fournitures.» Lorsque les clients ne peuvent venir récupérer leurs commandes, Axel Surette assure la livraison. «Je me retrouve à faire la livraison à bicyclette lorsque ce n’est pas trop loin de chez moi. Je peux aussi compter sur mon frère lorsque la distance est plus importante.»

A quoi se résume la cuisine de Korek Sa ? «Je puise mon inspiration de la cuisine internationale. Je propose des hamburgers, les pâtes, qui sont sur la carte au quotidien, sans compter un menu différent chaque jour.» L’on peut retrouver du ramen aux fruits de mer, des sushis et le Pad Thai, entre autres. «J’apporte ma touche personnelle en ajoutant des ingrédients supplémentaires aux plats. Par exemple, le burger de Korek Sa comprend des cornichons, l’oignon caramélisé, le cheddar, la sauce spéciale de Korek Sa, du bacon et un oeuf au plat. Au final, le burger pèse 160 grammes pour Rs 250.»

Le message de ce jeune entrepreneur aux jeunes qui hésitent encore à se mettre à leur propre compte ? «Lancez votre business. La situation de l’emploi va devenir de plus en plus précaire. Soyez votre propre boss. Bossez pour votre salaire. Sortez de votre zone de confort. C’est le moment.» Axel Surette se dit disposé à les soutenir. «Ma porte est grande ouverte pour ceux qui veulent avoir des conseils.»

Axel Surette | entrepreneuriat | Korek Sa



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