Emploi: Maurice pas encore prêt à se passer de main-d’oeuvre étrangère

22 février 2020

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Le pays compte quelque 55 000 travailleurs étrangers.

Boulangeries, supermarchés, usines, chantiers de construction… On les voit partout. Eux, ce sont des travailleurs étrangers. Ils sont plus de 55 000 à être employés à Maurice. Ce sont majoritairement des Bangladais, des Chinois, des Népalais, des Srilankais et des Malgaches. L’économie mauricienne est de plus en plus dépendante des travailleurs étrangers. En cause, le manque d’intérêt des Mauriciens pour les métiers des secteurs primaires et secondaires, l’absentéisme et le manque de Mauriciens qualifiés.

Sur les ondes d’une radio privée, le 8 février, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, aurait plaidé en faveur d’une augmentation de la main-d’œuvre étrangère. Estimant que les travailleurs étrangers pourraient, selon lui, booster l’économie. Cet avis est partagé par les acteurs des différents secteurs. Ils s’accordent tous à dire que c’est l’économie mauricienne toute entière qui peut en sortir gagnante.

Les étrangers plus fiables

A l’instar de Nasser Mooraby, président de l’Association des propriétaires de boulangeries. «Les Bangladais sont plus adaptés pour le travail dans les boulangeries», dit-il d’emblée. D’expliquer avoir eu des difficultés à recruter des Mauriciens. «Ils ne montrent aucun intérêt pour ce métier.» C’est la raison pour laquelle la majorité des boulangeries du pays emploient des Bangladais. Ils doivent toutefois respecter un ratio de 3 : 1, c’est-à-dire un Mauricien pour trois Bangladais. Ils travaillent 6 jours sur 7 et sont payés plus que le salaire minimum.

Interrogé sur cette tendance, le syndicaliste Faizal Ally Beegun fait ressortir que certaines compagnies emploient des travailleurs étrangers en raison de l’absentéisme. Des employeurs ont, en effet, remarqué qu’à l’opposé des Mauriciens, les travailleurs étrangers travaillent même le week-end et les jours fériés. Sans compter qu’ils font disposés à faire des heures supplémentaires 7 jours sur 7. Le syndicaliste ajoute que plusieurs Mauriciens ne veulent pas exercer des métiers tels que machiniste ou boulanger. Notamment parce qu’ils n’ont aucune garantie d’emploi.

La construction à la recherche de talents

Dans le secteur de la construction, le recrutement de travailleurs locaux qualifiés pour l’industrie de la construction s’avère également très difficile. «Les réponses à nos annonces dans les journaux, en ligne sur ‘Mauritius jobs’, ‘myjob’, le site web de l’entreprise, la page Facebook de l’entreprise donnent de très faibles résultats», confirme Ranjan  Moothien Pillay, HR Executive chez Rehm Grinaker Construction Co.Ltd.

Résultat : la tendance est à l’augmentation des travailleurs étrangers qualifiés. «De moins en moins de jeunes rejoignent le secteur de la construction au niveau des compétences», poursuit Ranjan Moothien Pillay. Le ratio actuel pour l’industrie de la construction est de 1:1. Avec un nombre moins important d’entrants dans l’industrie, ce ratio doit être revu, proposent les acteurs du secteur.

Coûts élevés

Contrairement aux idées reçues, poursuit le HR Executive, les travailleurs étrangers coûtent plus cher aux compagnies de construction que les travailleurs locaux. Ils sont confrontés à une barrière linguistique et culturelle. Le fait d’avoir des travailleurs étrangers a également un impact social. Les entreprises de construction mauriciennes préféreraient recruter des travailleurs locaux qualifiés s’ils étaient disponibles, insiste-t-il.

Pour qu’une entreprise de construction puisse respecter ses délais, elle a besoin de personnel qualifié, qu’il soit local ou étranger. Alors que les projets de construction sont en hausse, les délais sont, eux, de plus en plus serrés.  Les entreprises de construction paient des amendes si elles ne respectent pas les délais fixés par le client. Une étude approfondie du secteur de la construction est très importante pour déterminer ce qui pourrait être fait pour attirer les jeunes Mauriciens. Cela pourrait ainsi atténuer la dépendance à l’égard des travailleurs étrangers.

Absence de quota

A ce jour, aucune restriction légale n’est imposée aux compagnies qui souhaitent avoir recours à la main-d’oeuvre étrangère. Il n’y a d’ailleurs pas de quota de travailleurs étrangers qu’un pays doit respecter. Néanmoins, certains projets, notamment dans le cadre d’accords government to government (G2G), requièrent un type d’employés étrangers en particulier. Comme par exemple pour le projet Metro Express. Suivant un accord avec le gouvernement indien, seuls les ouvriers de ce pays ont été embauchés pour la concrétisation du projet.

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