Coopératives: le retour de la mise en commun

3 juin 2020

post-Covid-19, coopératives, création d'emploi, production locale

Les représentants des coopératives à la réunion du mardi 26 mai.

Les observateurs disent tous la même chose : il faut encourager à produire mauricien. Or, la production locale a souvent été synonyme de société coopérative à Maurice. Une tradition qui s’est délitée au fil des ans. Mais mardi 26 mai, le ministre de tutelle, Sunil Bholah, a rencontré les représentants des coopératives au National Cooperative College, Terre-Rouge, pour discuter de leur contribution future à la création d’emploi.

Dans une déclaration à la presse, Sunil Bholah a expliqué qu’il souhaitait que les coopératives deviennent un «partenaire privilégié du gouvernement dans le développement économique et social du pays». Un développement qui se ferait par l’augmentation de la production locale, la création de richesse et la création d’emploi. Le retour des boutiques coopératives et la multiplication des points de vente de fruits, légumes et poissons font notamment partie des idées préliminaires.

Création de coopératives

Mais les coopératives du 21e siècle ne se limitent pas aux seules coopératives d’agriculteurs, de pêcheurs ou d’autobus. Kona Yerukonondu, président de la Mauritius Cooperative Alliance, organe suprême et porte-parole du mouvement des coopératives à Maurice, explique : «Il suffit de cinq personnes pour lancer une coopérative. Et vous pouvez vous lancer dans n’importe quel business, il n’y a pas de limites.»

La nature de certaines coopératives peut effectivement surprendre. Kona Yerukonondu révèle qu’il existe des coopératives de DJ, de comptables, de catering et de construction. Il se laisse aller à prédire la création de certaines coopératives qui pourraient marcher : «Pourquoi pas une coopérative de médecins ou d’infirmiers ? C’est possible. En plus, depuis 2016, il est possible pour une coopérative de faire un joint-venture.» On peut donc aussi lancer une coopérative avec l’aide d’un partenaire étranger.

Ce que le modèle de la coopérative peut apporter comparé à une compagnie ? La communauté des coopératives. «Si vous devez faire vos comptes, vous privilégierez un coopérateur. Si vous avez une ‘fonction’, vous vous tournerez vers le catering qui fait partie du mouvement. C’est un marché interne de 1 200 coopératives déjà à exploiter.»

Ensuite, il y a l’avantage de l’absolue parité entre membres : celui qui a investi Rs 1 000 a droit à un vote lors des assemblées générales, au même titre que celui qui a investi Rs 1 million. Les dividendes sont également distribués entre tous les membres.

Revoir l’accès au marché

Pour que les coopératives puissent jouer un rôle plus prépondérant, cependant, il y a encore à faire. «Le mouvement a un grand avenir, mais il faut encore revoir l’accès au marché, notamment les facilités de vente. Un trade fair de 3–4 jours, cela ne suffit pas.» D’où le projet de multiplier les points de vente. Ou encore celui qui permettrait aux pêcheurs de vendre leur poisson à la fédération des coopératives des pêcheurs et contourner les banians.

À La Flora, un supermarché géré par une coopérative devrait bientôt ouvrir ses portes. «Quand j’étais enfant, les boutiques coopératives étaient la fierté du quartier, fait ressortir Kona Yerukonondu. Nous voulons encourager un retour généralisé de ces commerces dans différents quartiers

Il y a tout de même une mise en garde. «Il y a un retour vers la terre, mais si on oublie que 35 % des légumes produits vont vers les hôtels qui n’achètent pas en ce moment, on peut vite se retrouver avec des légumes qu’il faut laisser pourrir dans les champs.»



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