Artisanat: ces femmes entrepreneurs qui luttent pour survivre

5 mars 2020

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Asha Khimia, qui fabrique des capteurs de rêves, confie avoir perdu son étal dans un hypermarché en raison de la concurrence des produits chinois.

«Zet enn ti koudey madam, sak-la inn fer zis pou ou !» Un sourire avenant aux lèvres, Jocelyne Etienne tente d’appâter d’éventuels clients avec ses différents patchwork. Comme elles, plusieurs femmes entrepreneurs se sont installées au Caudan Waterfront depuis le lundi 2 mars pour présenter leurs travaux. Cette initiative du National Women Entrepreneur Council, qui regroupe quelque 900 membres, prend fin demain, vendredi 6 mars. Si l’objectif est de promouvoir le savoir-faire des femmes entrepreneurs, force est de constater que plusieurs d’entre elles peinent à maintenir leur business à flot.

A 69 ans, Jocelyne Etienne, une habitante de Beau-Bassin, est toujours aussi passionnée par son art, qu’elle pratique depuis de nombreuses années. L’habitante de Beau-Bassin a d’ailleurs fini par ouvrir sa propre entreprise, Patch Art. Toutefois, reconnaît la sexagénaire, si elle n’avait pas acquis des connaissances en marketing, son business n’aurait pas survécu. Dans la foulée, elle déplore les prix abusifs qui sont pratiqués au marché artisanal. Alors qu’elle vend ses produits à quelque Rs 350, au marché, ceux-ci peuvent coûter jusqu’à Rs 800.

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Jocelyne Etienne, fondatrice de l’entreprise Patch Art, déplore les prix abusifs pratiqués au marché artisanal.

Asha Khimia vend, elle, des capteurs de rêves. La concurrence est rude dans ce domaine, surtout celle en provenance de Chine. La femme entrepreneur a d’ailleurs perdu son étal dans un hypermarché à cause de cela. Qu’importe les difficultés, elle entend bien se faire une place sur ce marché. D’autant que «oken plas dan Moris pa pou ena parey prodwi kouma mwa mo fer !».

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Miseline souhaite notamment que le gouvernement aide davantage les femmes entrepreneurs.

Un peu plus loin, Miseline expose des cornichons rodriguais. La femme entrepreneur a fondé avec ses belles-soeurs une association baptisée Collet Collet Vincent. La Rodriguaise ne cache pas que les difficultés financières auxquelles elle est confrontée. Ce n’est que grâce à un prêt qu’elle peut se déplacer aux marchés de Quatre-Bornes et de Mahébourg pour tenter de vendre ses cornichons et ainsi faire perdurer l’héritage que lui a légué sa mère. Elle souhaite que le gouvernement aide davantage les femmes entrepreneurs, notamment au niveau des intérêts bancaires dont il faut s’acquitter sur un prêt.

Corinne Godère, qui vient de Baie-du-Tombeau, se retrouve elle aussi dans plus ou moins la même situation. Elle peine à vendre ses bracelets fantaisie. Ce marché, fait-elle comprendre, est saturé. Chaque mois, explique Corinne Godère, le National Women Entrepreneur Council l’envoie, pendant cinq jours, exposer ses produits sur un marché en particulier. Or, elle peine à recouvrer ses frais pour l’achat des matières premières et le transport, entre autres. La femme entrepreneur confie que si elle n’était pas épaulée par sa mère, la survie aurait été impossible.

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