Partis émergents : en finir avec le statu quo

19 octobre 2019

Les partis traditionnels sont certes solidement établis dans le paysage politique mauricien. Les petits partis, forts de leurs idées novatrices, croient néanmoins en leurs chances aux législatives du 7 novembre. Zordi leur a offert la parole sur cinq thèmes.

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Éducation

YUVAN BEEJADHUR, L’ALIANS LESPWAR

«C’est tout le système qui doit être revu. Nous ne pouvons pas continuer à produire des diplômés chômeurs. Il y a un mismatch sur le marché du travail. Il faut solutionner le problème à la base. Il faut aussi investir davantage dans la recherche et se préparer pour l’avenir.»

LINDSEY COLLEN, LALIT

«Les élèves doivent pouvoir faire leur apprentissage en toute liberté. Or, ce n’est pas le cas. Nous militons depuis plusieurs années pour que la langue maternelle soit utilisée dans le cursus scolaire. Autre changement que Lalit propose : revoir le système où les enfants apprennent d’une façon systématique. Cela entrave leur réflexion naturelle.»

STÉPHAN GUA, RESISTANS EK ALTERNATIV

«Nous sommes en faveur d’un système éducatif qui permette à l’enfant de s’épanouir. Il faut réduire l’ultra compétition entre les élèves et orienter la réforme éducative sur l’épanouissement des enfants.»

DANIELLE SELVON, REFORM PARTY

«Nous préconisons que l’examen de Grade 9 devienne optionnel. Pour pallier le manque de main-d’œuvre sur le marché, nous offrons trois choix aux élèves : les filières universitaire, générale et technique.»

SYLVIO MICHEL, LES VERTS FRATERNELS

«La langue créole peine à faire son chemin dans le secteur éducatif. Les écoles techniques doivent être introduites très tôt, comme c’est le cas en Allemagne. Les enfants doivent avoir deux filières, académique et technique.»

 

Économie

SYLVIO MICHEL. «Nous devons nous pencher davantage sur l’économie bleue qui n’est pas exploitée à 100 %. Nous devons aussi avoir une coopération avec des pays riverains. La situation est alarmante. Une période pour la pêche est aussi à l’agenda.»

DANIELLE SELVON. «Nous avons identifié des priorités : l’économie bleue, l’agriculture, le tourisme qui va de mal en pis, les services financiers et la cinématographie. Nous réformerons et relancerons les PME, l’élevage et le secteur manufacturier.»

YUVAN BEEJADHUR. «Comment sommes-nous arrivés à une dette de 70 % du PIB ? Il y a plusieurs secteurs qui ne sont toujours pas exploités. L’économie bleue peut rapporter davantage. Nous avons plusieurs idées novatrices pour relancer ce secteur. Nous dévoilerons nos propositions dans les jours à venir. Nous préconisons une île Maurice moderne et numérique.»

LINDSEY COLLEN. «Nous privilégions le secteur agricole et les ressources marines. Cela augmentera notre production et boostera l’exportation. Lalit propose une meilleure production alimentaire afin de transformer ce marché. Ce système permettra à plusieurs usines d’opérer. Nous sommes contre la monoculture, contre la braderie de nos terres, contre les développements nuisibles. L’île Maurice ne doit pas abandonner les 2,3 millions de kilomètres carrés de ses eaux territoriales aux pays étrangers.»

STÉPHAN GUA. «L’économie se trouve dans une situation catastrophique. Au niveau de Rezistans ek Alternativ, nous avons pris note de la compétition intense et nous proposons une nouvelle orientation et coopération régionale. Une solution pour notre souveraineté alimentaire est souhaitable.»

 

Environnement

DANIELLE SELVON. «Les jeunes qui achèteront une voiture neuve de moins de 1600 cc pour la première fois bénéficierons du duty free. Ils devront acquérir une voiture écologique ; cela contribuera à la protection de l’environnement en réduisant le nombre de véhicules polluants sur nos routes.»

SYLVIO MICHEL. «Nous apporterons des mesures concernant les développements hôteliers qui menacent l’environnement. Avec les constructions et le manque de drains, nous faisons face à des problèmes lors des flash floods. Nous avons constaté aussi que les smart cities sont construites au détriment du développement agricole.»

LINDSEY COLLEN. «C’est un sujet qui englobe plusieurs aspects. Au niveau de l’agriculture, nous bannirons les pesticides, les herbicides ainsi que les nitrates. Ces produits ruinent nos terres et contribuent à la pollution de nos écosystèmes. Nous militons depuis plusieurs années pour un meilleur environnement à Diego Garcia. Nous proposons de bannir également l’utilisation des bouteilles en plastique ; nous menons campagne pour cela depuis 20 ans déjà. Enfin, Maurice doit collaborer avec les autres pays pour combattre le changement climatique.»

STÉPHAN GUA. «Aujourd’hui, nous évoquons plus l’aspect écologique. La protection des wetlands est devenue un combat sans relâche. Nous proposons des mesures drastiques pour préserver notre environnement. Notre parti préconise que nous arrêtions de brader nos terres et les côtes pour des développements au détriment de l’environnement et des espèces endémiques.»

YUVAN BEEJADHUR. «Personne ne parle du changement climatique. Les partis traditionnels n’ont pas de personnes qualifiées pour évaluer l’ampleur de cette menace. En force Maurice et Nou Repiblik apporteront des solutions pour mieux gérer le problème.»

 

Inégalité sociale

STEPHAN GUA. «Le système actuel préconise la charité à travers la CSR. Il nous faut un nouveau système de taxation, les compagnies plus riches devront payer plus pour les familles vivant au seuil de la précarité. La démocratie participative est également importante pour combattre l’inégalité sociale et permettre aux personnes concernées de s’exprimer.»

YUVAN BEEJADHUR. «Avec la méritocratie, nous mettrons en partie fin à l’inégalité sociale. Pourquoi une personne extrêmement qualifiée doit-elle connaître un politicien, un juge, un haut cadre pour obtenir un emploi ? Il faut donner sa chance à tout le monde et apporter des mesures drastiques qui seront bénéfiques à long terme. Il faut mettre fin aux discriminations, au système castéiste et au ‘communalisme’».

SYLVIO MICHEL. «La compensation et la réparation pour les descendants d’esclaves demeurent notre cheval de bataille. Nous avons perdu plusieurs années mais nous continuerons à combattre cette injustice. Nous avons même lancé un livre pour dénoncer cette inégalité. Le secteur de la santé doit aussi être revu car ceux qui possèdent davantage d’argent peuvent se rendre dans les cliniques privées alors que d’autres doivent prendre leur mal en patience dans les hôpitaux publics. Il faut aussi que les femmes aient plus de postes à responsabilités.»

DANIELLE SELVON. «Nous apporterons des changements au système de taxation et offrirons plus de facilités à la classe moyenne. Enn tax lor super riches. Notre parti introduira une wealth tax de 20 % pour tous ceux qui ont des revenus dépassant Rs 350 000 par mois. Nous introduirons aussi d’une inheritance tax de 20 % sur tous les bénéficiaires de propriétés et ceux qui ont Rs 50 millions ou plus.»

LINDSEY COLLEN. «Un changement de taxation. Nous ne pouvons plus nous fier à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) car cela est au détriment des personnes au bas de l’échelle. Les riches doivent payer plus, c’est logique.»

 

Pauvreté

LINDSEY COLLEN. «Nous préconisons d’introduire un emploi stable pour chaque travailleur. Les salariés auront un revenu mensuel stable. Ils devront pouvoir s’offrir un logement adéquat et structuré. Il faut aussi revoir la politique de lutte contre la pauvreté.»

YUVAN BEEJADHUR. «Nous proposons un système durable pour combattre ce fléau. Les gouvernements successifs n’ont pas eu une bonne planification et des gens qualifiés pour trouver une solution à long terme.»

STEPHAN GUA. «Il est grand temps de revoir la taxation. Cette richesse est mal répartie. Il est impératif que les riches paient plus de taxes que les pauvres pendant la période où la dette publique augmente. Nous proposons un système différentiel où ceux qui perçoivent plus doivent payer plus.»

SYLVIO MICHEL. «Il faut avoir des centres spécialisés pour combattre la pauvreté. Cela inclut le secteur de la santé. Il faut revoir complètement ce système.»

DANIELLE SELVON. «Nous proposons une somme de Rs 10 000 aux personnes âgées de 65 ans et plus. C’est une top up allowance. Nous avons aussi inclus dans notre programme l’opportunité d’acquérir une maison pour les personnes touchant moins de Rs 20 000 avec zéro dépôt. Outre le salaire minimum, nous offrirons une allocation supplémentaire à tous les travailleurs afin qu’ils perçoivent jusqu’à Rs 15 000 par mois.»



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