Rs 5 100 aux travailleurs du secteur informel: les artistes satisfaits mais…

2 avril 2020

Covid-19, confinement, artistes, plan d'aide, secteur informel

«Mie vo sa ki pa gagn nanye…» Dans le milieu culturel et artistique, on accueille plutôt bien le plan d’aide de Rs 5 100 à l’intention des travailleurs du secteur informel. Mais encore faudrait-il penser à l’après-Covid-19, font ressortir certains…

«Nou kontan ki gouvernman inn inklir nou dan sa system wage scheme-la», affirme Bruno Raya, qui se réjouit que l’appel à l’aide des artistes ait été entendu. Le chanteur Christopher Warren Permal parle même de belle initiative du gouvernement. «C’est la meilleure solution.» D’ailleurs, fait-il comprendre, il pensait proposer une telle solution au gouvernement en son nom personnel.

«Réjouissons nous d’avoir été considérés»

L’artiste s’explique : «Le salaire minimum a était calculé par de grands économistes, ce qui veut dire que cela est suffisant pour un citoyen mauricien.» Les artistes, poursuit-il, n’ont pas les chiffres exacts de ce qu’ils touchent. «Beaucoup d’artistes parlent de la reconnaissance de notre métier, qui est une très bonne chose. Mais pendant une crise économique comme on en vit actuellement, on doit être amplement satisfait de ces Rs 5 100. Réjouissons nous d’avoir été considérés», insiste l’interprète de Hold Me.

Stephane Rezannah, porte-parole du Kolektif Artis Morisyen (KAM), salue lui aussi l’initiative du gouvernement. Cependant, il avance que les deux autres mesures que le collectif a proposées au ministre des Finances, ainsi qu’à ceux du Travail et des Arts et du patrimoine culturel devraient également être prises en considération. En effet, dans une correspondance (voir plus bas) à leur intention, le KAM avait demandé un moratoire sur les prêts bancaires, un Welfare Programme exceptionnel et un soutien de la Mauritius Society of Authors (MASA) durant la pandémie. «Les solutions proposées sont exceptionnelles car nous vivons actuellement une période exceptionnelle.  Nous ne demandons pas l’aumône, juste de l’aide le temps que cette situation chaotique se tasse», soulignait Stephan Rezannah dans un précédent article.

«Accepter ce qu’on nous donne»

Or, Warren Permal n’est pas forcément de cet avis. Il fait d’ailleurs remarquer qu’il n’a pas été contacté par ce collectif. «Certes je les soutiens, mais il faut aussi comprendre que certains sont des producteurs, directeurs de boîtes d’événementiel, ce qui veut dire qu’ils ont leurs artistes, leurs équipes, donc que cela concerne leur business. J’ai même vu une boîte qui a mentionné son chiffre d’affaires.» Lui, insiste, «là on parle d’artistes en individuel. Il faut que tout le monde comprenne la situation économique de notre île et accepte ce qu’on nous donne».

Toujours est-il, fait valoir la chanteuse Joëlle Coret qu’il faudrait que ce genre de solution soit appliquée à long terme. «Les artistes les plus touchés sont ceux du secteur hôtelier.» Elle fait remarquer que même après la fin du confinement, «nous ne pourrons pas reprendre notre  travail car les hôtels n’auront pas tout de suite des clients. Et nous, sans clients, on n’est pas sollicités pour travailler.» Raison pour laquelle l’artiste propose «que les hôtels contribuent pour que les artistes de l’hôtellerie survivent»,.

«Pran nou inpe plis kont»

Dans la foulée, Joëlle Coret confie avoir été approchée par de nombreux musiciens qui se posent des questions concernant le plan d’aide. Est-ce que cet argent suffira à tenir un mois avec la hausse des produits ? D’autant que certains commerçants profitent de la situation pour pratiquer des prix abusifs. «Il faut que l’Etat contrôle les prix des articles. Il y a trop d’abus. Avec les Rs 5 100, il faut qu’une personne arrive à faire ses provisions et s’acquitter des frais d’électricité et d’eau», avance la trentenaire.

«Aster de lame bate fer son. Mo invit tou bann dimounn ki bizin ranpli form smart citizen kumsa nou kapav kone ki zar led dimounn pe bizin e sey travay aves minister pou trouv enn solision.» Si Jöelle Coret fait ressortir qu’elle accueille favorablement l’aide du gouvernement, il n’empêche, dit-elle, qu’elle souhaiterait que le ministre des Arts et du patrimoine culturel «pran nou inpe plis kont. Nous somme des ambassadeurs du pays partout dans le monde».

Lettre des artistes

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