Osmosis Project: politique, excentrique, brillant !

5 mai 2020

musique, osmosis project

Nous vous avons déjà parlé des circonstances dans lesquelles Osmosis Project, groupe de Mahébourg, a sorti son album malgré le confinement. Nous vous proposons, cette fois, d’en passer le contenu en revue.

Alors, Osmosis Project, c’est quoi comme son au juste ? Difficile de leur coller une étiquette, tant leurs influences sont éclectiques. Ça ne sonne définitivement comme aucun groupe local. Electronica, IDM, Dub, Dancehall, Hip-Hop, Trip Hop, quelques petites touches jazzy. Ce sont les ingrédients de base, mais la mixture donne à chaque fois un monde différent.

L’album démarre avec «They Are Coming». Un morceau d’electronica pur, avec quelques cuivres et un son de guitare distordue. Il y est question d’aliens qui viennent détruire l’humanité avant qu’elle ne détruise la terre. Le ton est donné : Osmosis Project nous propose un album abrasif et politique à souhait.

On enchaîne avec «Digital Detox». La voix de Sandrine Raghoonauth nous rappelle celle de Sister Nancy. «Mobile blow away my distinction», nous dit-elle, abordant le thème de l’aliénation de l’homme par la technologie. Tout l’album suit de près ou de loin le thème de l’aliénation. Si la colonne vertébrale du morceau est un rythme dub/reggae, en bout de course, il débouche sur un solo de guitare énergique de Clint Moutaillier qui rappelle le blues électrique des années 60.

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On passe à un tout autre univers avec «N.W.O.». On y rencontre Benzi Siniska, le rappeur de la bande. «Lager se enn biznes», rage-t-il, en s’en prenant aux différents mécanismes de moutonnage de la société. Et, Ô surprise, il s’en prend à la religion également : «Invant relizion dan lintansion disperse.» Il appelle à l’éveil de la conscience sociale et politique.

On reste avec le flow impressionnant, articulé, de Benzi Siniska sur «Realiz to bann Rev». Le morceau impressionne par la qualité du mixage autant que le débit impeccable de Siniska. Il commence avec un bruit de machine qui démarre, puis comme un bruit d’alarme, avant que le rappeur ne nous raconte une histoire, personnelle certes, mais qui touche à l’universel : «Defons laport mem si personn pa ouver.»

«Res Fort» nous fait basculer dans un autre univers également, même si c’est toujours Benzi Siniska qui débite ses rimes aux relents de Ti Benoît de Monaster. Nous avons droit à du dubstep acidique et virulent à souhait, rappelant Skryllex. «Ena ki pe plengn zot lavi eski zot mazinn bann sanzabri», lance le rappeur aux privilégiés de ce monde. Vers la fin, le rythme se décompose, s’enraye. On a quitté Skryllex pour entrer de plain-pied chez Daft Punk. Cette critique des privilégiés est également reprise dans «Head Full of Stars», où on retrouve la voix transformée de Raghoonauth.

Le plus beau morceau avec la voix de cette dernière est toutefois sans conteste l’electropop «See The Light». Le morceau tourne autour d’un pouls électronique qui va en s’amplifiant, avec la voix de Sandrine Raghoonauth devenue lisse. À 2:30 survient une césure dans la musique, il ne reste qu’un beat électro inoffensif. C’est le calme avant la tempête. Un motif ressort peu à peu des claviers et va crescendo. Le tempo accélère jusqu’à atteindre une frénésie où l’on pourrait presque «headbanger» ! Les paroles, ici, donnent moins dans le figuratif, mais s’en dégage une impression d’un parcours humain de la naissance à la confrontation avec le monde.

Les autres morceaux de l’album, «Trapped», «Days Left» (qui démarre comme «Kid A» de Radiohead et se termine sur une supplique envoûtante de Raghoonauth) et «Timewaste» évoquent tous la paranoïa et la nécessité d’être un homme/une femme révolté(e).

Sur le son d’Osmosis Project, on veut bien !

Musique | Osmosis Project



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