Elle C Nous : un vivier de jeunes talents

14 octobre 2019

Photos : Keshwaraj Suggun

Quand une femme au grand cœur rencontre des jeunes affichant une volonté impérieuse d’avoir une vie meilleure, cela donne Elles C Nous. Cette association, installée à Beau-Bassin, s’est fixé pour mission d’encourager la réussite d’adolescents dont les familles manquent de moyens financiers. Elle forme ainsi des artistes dont vous entendrez certainement parler dans les années à venir.

Le hall d’entrée vibre aux couleurs du talent des jeunes qui fréquentent les lieux. Les œuvres accrochées aux murs donnent une vision éclatée de l’espace. À l’étage, une des pièces du bâtiment a été reconvertie en galerie et atelier d’art. Cinq artistes en herbe y sont à l’ouvrage. Ils sont âgés de 15 à 17 ans. Abstrait, cubiste, figuratif, réaliste ou encore nature morte, tous les styles picturaux sont représentés.

Jordan, le plus âgé du groupe, a une préférence pour l’abstrait. Il aime jouer avec des combinaisons géométriques et s’attache, avec de multiples aplats et empreintes, à construire une mise en scène subjective de formes d’art brut. Zahiir, le plus jeune, lui, adore dessiner des galaxies. Il travaille sur des grands formats cartonnés ou des krafts monumentaux, mais également sur des cadres classiques.

Le siège de l’association accueille aussi une classe de musique. Les cours sont dispensés par Wesley, musicien et professeur de chant. Au programme : guitare, piano, ravane et flûte. Le solfège est enseigné aux plus jeunes tandis que les aînés préfèrent apprendre directement les accords pour pouvoir jouer leurs chansons préférées. Pour tous ces enfants, l’association Elles C Nous est une lueur d’espoir. «Si je n’étais pas venu ici, je n’aurais jamais pu développer mon art», affirme Jordan.

L’objectif de l’ONG est à la fois artistique et pédagogique. Il s’agit d’accompagner les enfants et adolescents en difficulté vers l’appropriation de connaissances grâce à des ateliers collectifs et individuels. Les jeunes ont l’occasion de s’exprimer librement à travers diverses techniques proposées par les accompagnateurs et offrent ainsi un regard neuf sur l’identité de leur quartier.

Le centre compte également des classes d’informatique et de rattrapage scolaire. Les élèves sont divisés en plusieurs groupes en fonction de leur âge et de leurs besoins. Milène Abdoolkader, la directrice de l’association, explique qu’Elles C Nous se soucie aussi de la santé des enfants. Ceux-ci reçoivent un goûter lorsqu’ils arrivent au centre, car un bon nombre d’entre eux n’ont rien à se mettre dans le ventre au déjeuner.

Même avec des ressources très limitées, Milène Abdoolkader envisage de multiplier ses activités. Elle espère que l’an prochain, Elles C Nous arrivera à obtenir le financement nécessaire pour rouvrir la classe de coiffure et offrir une formation dans ce domaine. La travailleuse sociale a des projets plein la tête mais l’argent fait défaut. Elle lance donc un appel à ceux qui désirent aider les enfants à voir la lumière au bout du tunnel.

 

 



Les plus lus

Saisie de 95 kg de cocaïne : où était la douane ?

Les douaniers avaient des instructions : les engins de chantier importés devaient être contrôlés. Deux travailleurs...

Covid-19: «To merit enn kouronn», poème hommage à nos héros

«To merit enn couronn» a écrit Stelio Pierre-Louis dans un poème dédié aux combattants du coronavirus. L’art est la lang...

Tipla partaze : un millefeuille avec Akshay Seebaluck

On n’interrompt pas un artiste à l’ouvrage. Quand le peintre a posé ses couleurs, nous nous installons autour d’un caf...

La Barclays Bank passe du bleu au rouge d’Absa

La Barclays opère depuis ce lundi 10 février sous le nom d’Absa bank. De nouvelles opportunités s’offrent maintenant aux...

Mon drôle d’anniversaire en confinement

Malgré le confinement, la vie de s’arrête pas. Et en l’espace de ces trois dernières semaines, plusieurs de nos compatri...