Désiré François : «J’ai repris ma carrière en main après avoir sombré dans l’alcool»

22 février 2020

Désiré François vient d’entamer une série de concerts dans les villages du pays. Le chanteur a accordé à Zordi une interview dans laquelle il se dévoile.

Connu pour son talent de chanteur et de compositeur, Désiré François n’a pas pris une ride. Nous sommes partis à la rencontre de l’artiste qui a bercé l’enfance de nombreux Mauriciens. Cet habitant d’Albion nous raconte son parcours, lui qui a connu des hauts et des bas dans sa carrière. Aujourd’hui, il entame une série de concert de proximité avec ses fans.

Comment le groupe a-t-il vu le jour?

Alain Lafleur et moi-même avons décidé de créer un groupe en 1987. En fait, je ne savais même pas si je savais chanter. Je jouais de la basse à l’époque.  

A quel moment vous êtes-vous tourné vers le chant? 

Ce sont des amis qui m’ont encouragé. J’aimais bien faire des reprises de chansons de l’époque. Par la suite, je me suis dit pourquoi ne pas me mettre à composer mes propres chansons. Quand j’ai essayé, cela a abouti à la chanson Separation. Mes amis m’ont encouragé à l’enregistrer. Ensuite, je me suis retrouvé dans la compétition Star Show. Personnellement, je pense que c’est grâce à Separation que ma carrière est ce qu’elle est aujourd’hui. 

D’où vient l’origine du mot Cassiya ?

Quand nous avons fait notre premier album en 1993, tout le monde a essayé de trouver un nom pour le groupe. Chacun donnait son opinion. Tout à coup, Alain Ramanisum a sorti le mot cassiya. Tout le monde était intrigué mais le nom est resté. Cassiya est la contraction de Cassis, l’endroit dont nous sommes originaires, et de Ya qui veut dire bon.

Quand les Mauriciens parlent du sega, le premier groupe à qui ils font allusion, c’est Cassiya. Pourquoi ?

Je pense que nous avons apporté quelque chose d’important dans leur vie. Quand nous nous produisons à l’étranger, les gens nous disent toujours qu’ils sont contents que Cassiya ait pu emmener la culture mauricienne aussi loin.  

Est-ce que le groupe Cassiya est une école ? Plusieurs artistes qui étaient membres du groupe ont entamé une carrière solo… 

Chacun a partagé ses connaissances. Tous les membres du groupe ont appris à travers les autres. Nous venons tous de la même école.

Est-ce que la relève de Cassiya est assurée ?

C’est difficile de répondre. Il y toujours une relève. Mais prenons par exemple le cas de Bob Marley. Jamais aucun artiste ne fera exactement la même chose que lui. Nous aurons mieux ou moins bien, mais nous n’aurons jamais un autre Bob Marley. C’est pareil pour Cassiya. 

On a l’impression que vous n’avez pas pris une ride. C’est quoi votre secret ?

C’est un compliment. Avant j’étais alcoolique, je buvais beaucoup. A une période de ma vie, je me suis dit que je devais choisir. Soit je continue à chanter comme je le faisais, soit je continue à boire. Quand j’ai pris la décision de continuer à chanter, j’ai recommencé à avoir une bonne hygiène de vie. Je fais notamment attention à mon alimentation. 

A qui dédiez-vous votre parcours ?

A mes cinq enfants. Je me suis marié à trois reprises et je dédie mon parcours à tous ces gens qui étaient à mes côtés. Aujourd’hui, j’ai une épouse qui s’occupe très bien de mes affaires. C’est elle qui gère tout. Pendant 27 ans j’ai travaillé mais j’étais livré à moi-même. Maintenant, mes cinq enfants et ma femme me filent tous un coup de main. Mon épouse et moi avons la même vision.

Comment votre carrière a-t-elle influencé votre vie personnelle ?

Je n’ai pas trop envie de répondre.

Beaucoup d’artistes mauriciens vont sur le marché de la musique en ligne. Est-ce que vous suivez cette tendance ?

Nous sommes obligés de suivre la tendance. Les cd se vendent moins bien maintenant dû au piratage. L’essentiel de nos revenus provient de nos concerts. 

Désiré François sur scène, dans la rue… Il a toujours gardé sa simplicité, son humilité alors qu’il est un personnage public. Comment expliquez-vous cela ?

Je garde ma simplicité car je sais d’où je viens. Si nous voulons savoir où nous allons, il faut savoir d’où on vient 

Votre plus gros regret… ?

Personnellement, ce n’est pas vraiment un regret mais un manque. J’ai trois enfants qui sont en Angleterre et deux qui vivent à Maurice. Nous ne nous voyons que très rarement. C’est cela mon plus gros manque et mon plus gros chagrin. Mais la vie est faite ainsi, on n’y peut rien.

Vos plus gros succès sont vos compositions personnelles ? 

Non. Il y a beaucoup d’auteurs et de compositeurs. Au début, il y a eu Separation, j’étais auteur et compositeur. Par la suite, Dominique Judor a emmené beaucoup de ses compositions. Il y avait aussi Alain Lafleur, ainsi qu’Eddy Armel. Ce sont toutes ces contributions qui ont fait le premier album. Et même aujourd’hui, j’ai des chansons d’autres compositeurs. Je ne suis pas seul. 

Un message à faire passer aux artistes…

Gardez votre simplicité et essayez d’emmener notre culture le plus loin possible.

Quels sont vos projets pour 2020 ?

Normalement, je devais déjà avoir complété mon dernier album. Je n’ai cependant pas pu le finir comme prévu. Je vais continuer à travailler dessus. J’ai fait un album intitulé Reconnaissance. J’ai pris des titres d’artistes décédés pour retravailler leurs chansons afin que la jeune génération puisse écouter leurs messages. Par exemple, certains textes traitent de ce terrible fléau qu’est la drogue. J’ai envie de faire entendre les messages que ces artistes voulaient faire passer. Pour cela, je cherche l’aide de musiciens et d’arrangeurs. Je souhaite concrétiser ce projet pour la jeune génération. 

Par ailleurs, nous sommes actuellement en tournée avec Cassiya à travers l’île. Je souhaite être plus proche de mes fans. C’est la raison pour laquelle j’organise Sega Dan Vilaz qui a débuté samedi 15 février. Le prochain concert est prévu pour le 27 juin, à Flacq. 

Désiré François | portrait | Sega dan vilaz



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